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Bulletin Quotidien Europe N° 10633
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Migrants, Amnesty International dénonce l'attitude des États membres

Bruxelles, 13/06/2012 (Agence Europe) - L'ONG Amnesty International a dénoncé le 13 juin dans un nouveau rapport l'attitude des États membres de l'UE vis-à-vis des migrants, demandeurs d'asile et réfugiés tentant de rejoindre l'UE, accusant ceux-ci de se préoccuper davantage de sécuriser leurs frontières que de sauver des vies. L'association a lancé le même jour une campagne de sensibilisation du public mais aussi des eurodéputés qu'elle a invités, via une pétition, à devenir les « chiens de garde » des pratiques des États membres (http://www.whenyoudontexist.eu/ ).

« Pour l'UE, renforcer les frontières de l'Europe l'emporte clairement sur le fait de sauver des vies », a déclaré Nicolas Beger, le directeur d'Amnesty International auprès des institutions européennes. « En tentant de freiner la migration irrégulière, les pays européens ont renforcé les mesures de contrôle aux frontières au-delà des frontières européennes sans tenir compte du coût humain » et des mesures, dont le grand public n'a pas connaissance, qui exposent ces migrants à de sérieux abus, a-t-il poursuivi. En 2011, rappelle l'ONG, au moins 1500 personnes se sont noyées dans la Méditerranée en tentant d'atteindre les rives européennes et « certains de ces décès étaient évitables », des pays ayant ainsi pu retarder des opérations de sauvetage, dénonce l'association. D'autres pratiques ont consisté toutes ces dernières années à renvoyer des personnes dans des pays où elles allaient incontestablement être soumises à de mauvais traitements. L'ONG cite ici l'exemple de l'Italie qui avait passé des accords de réadmission des clandestins controversés avec la Libye avec une contrepartie financière. Un autre accord de ce type aurait été passé entre le gouvernement Monti et le CNT libyen au début du mois d'avril sans être rendu public. Dans son rapport, Amnesty International s'inquiète aussi de la pratique de plus en plus répandue de ne pas entendre les demandeurs d'asile sur le sol européen et de procéder à des contrôles en haute mer ou sur le territoire d'autres pays (l'externalisation). Pour l'ONG, l'UE ne parvient plus aujourd'hui « à promouvoir et à respecter les droits des migrants, des demandeurs d'asile et des réfugiés. L'hostilité est très répandue et les mauvais traitements restent très souvent non déclarés ». Et tant que ces personnes resteront « invisibles, elles seront vulnérables aux abus », poursuit Amnesty. (SP)

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