Bruxelles, 13/06/2012 (Agence Europe) - Derniers développements de la crise de la dette en Grèce, en Espagne et nouvelles menaces pour l'Italie, combinaison de mesures pour relancer la croissance à côté des mesures d'assainissement budgétaire, union bancaire, taxe sur les transactions financières, eurobonds. Autant de sujets qui seront très probablement abordés par le Premier ministre italien, Mario Monti, et le président français, François Hollande, en visite à Rome jeudi 14 juin.
Cette rencontre intervient quelques jours avant celle que les deux dirigeants auront, le 22 juin, toujours à Rome, avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy. Le même jour, le Conseil Écofin se réunira à Luxembourg en prévision du sommet des chefs d'État et de gouvernement (28 et 29 juin), à un moment où l'Italie, après l'Espagne, semble être confrontée à nouveau aux attaques spéculatives des marchés. Les taux sur les obligations italiennes à 10 ans dépassent à nouveau 6% et le différentiel par rapport aux taux allemands atteint plus de 460 points de base.
Les deux dirigeants ont des positions convergentes sur bien des points et veulent collaborer pour faire des propositions concrètes à leurs partenaires pour lutter contre la crise.
Tous deux prônent la nécessité d'une relance rapide de la croissance dans l'UE en complément de la discipline budgétaire, face à une Allemagne qui met comme préalable à cette relance la ratification sans condition du pacte budgétaire. Il n'est toutefois pas certain que leurs points de vue concordent entièrement sur les mesures concrètes à envisager. Alors que François Hollande préconise une croissance axée avant tout sur la demande et stimulée par la dépense publique, le Premier ministre italien mise plutôt sur les libéralisations, notamment dans les secteurs de l'énergie et des transports, la lutte contre les corporatismes et une certaine déréglementation du marché du travail. Il est plus proche sur ce point des mesures recommandées par la chancelière allemande et se veut à mi-chemin entre les positions de ses deux partenaires.
Euro-obligations. Tous deux plaident pour l'émission d'euro-obligations dans la zone euro, afin de mutualiser partiellement les dettes de pays de la zone euro et de protéger les économies les plus fragiles des attaques spéculatives. L'Allemagne y est opposée, mettant comme préalable une plus forte intégration à travers la création d'une véritable union budgétaire, laquelle implique de nouvelles compétences à Bruxelles. Tous deux prônent aussi une union bancaire, avec une supervision « intégrée ». M. Hollande et M. Monti chercheront probablement à définir une position commune sur ces deux points.
Les deux dirigeants plaident enfin pour une taxe sur les transactions financières (TTF), avec, là aussi, quelques nuances. Alors que la France préconise une application unilatérale de la TTF, au début même par un nombre relativement restreint de pays (on se souviendra de l'initiative de Nicolas Sarkozy à cet égard), l'Italie et l'Allemagne estiment qu'une telle taxe ne peut être appliquée de façon unilatérale et doit l'être dans un cadre plus large. Selon le gouvernement italien, l'idéal serait de l'appliquer sinon au niveau du G-20, du moins au niveau des 27 ou, à défaut, des 17 pays de la zone euro.
À la veille du sommet italo-français, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble, dans un entretien au quotidien italien, La Stampa, a dit qu'il se félicitait de la collaboration étroite entre l'Italie et la France et qu'il ferait « de son mieux pour collaborer avec le président Hollande », comptant sur le Premier ministre italien pour « convaincre Hollande de la nécessité d'un renforcement de l'intégration européenne ». Il a par ailleurs loué la politique de rigueur et de réformes du Premier ministre italien, jugeant qu'il n'y aura pas de danger de contagion de la crise à l'Italie, si ce pays continue à suivre la voie tracée M. Monti. (FG)