Bruxelles, 05/04/2012 (Agence Europe) - Regain de tension sur les marchés de la dette souveraine. Preuve que la situation économique en Espagne ne convainc pas les marchés financiers malgré l'austérité inscrite au budget 2012, les taux d'intérêt fixés à la dette espagnole à dix ans ont poursuivi leur hausse, jeudi 5 avril, s'approchant de la barre des 6% soit le niveau observé en décembre dernier avant la première injection massive de liquidités par la Banque centrale européenne. Une telle situation a provoqué un mouvement similaire sur les taux d'intérêt fixés à la dette italienne.
Le ministre espagnol de l'Économie Luis De Guindos a attribué la « nervosité » des marchés aux « doutes sur la croissance en Europe », rapporte le quotidien El País. « La recette est claire: poursuivre l'agenda de la consolidation budgétaire et l'agenda des réformes qui, à l'instar de la loi sur le marché du travail et celle sur le secteur financier, jetteront les bases de la croissance future », a-t-il ajouté.
La Commission européenne est en train d'analyser le projet de budget espagnol dévoilé en début de semaine au parlement national, une première évaluation étant attendue après le week-end pascal (EUROPE n°10588). Ce projet de budget vise à ramener le déficit excessif de 8,5% à 5,3% du PIB espagnol à travers des économies additionnelles évaluées à hauteur de 27 milliards d'euros. Il prévoit également que la dette publique espagnole avoisine les 80%, comparé aux 68,5% observés en 2011. Mercredi, Madrid a concédé des taux en nette hausse lors de sa première émission obligataire après la présentation du budget. Une émission de 2,6 milliards d'euros de titres à 3, 4 et 8 ans qualifiée d'échec par les commentateurs. Les taux à 4 ans ont flambé, atteignant 4,3% soit 1% de plus que ceux observés lors de la dernière émission équivalente. L'Espagne a déjà émis près de la moitié des titres à long terme pour 2012. (MB)