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Bulletin Quotidien Europe N° 10524
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) environnement

Les priorités de la présidence danoise pour une Europe verte

Bruxelles, 04/01/2012 (Agence Europe) - Une Europe verte dans laquelle croissance économique et protection de l'environnement aillent de pair, c'est l'une des quatre priorités de la présidence danoise du Conseil de l'UE (EUROPE n° 10523) que deux ministres danois - Ida Auken, ministre de l'Environnement et Martin Lidegaard, ministre en charge du climat, de l'énergie et des bâtiments ont eu l'occasion de décliner dans leurs sphères de compétences respectives devant la presse. Le dernier Conseil Environnement avant Noël leur en a fourni l'occasion. L'un et l'autre ont insisté sur l'impérieuse nécessité pour l'Europe de s'attaquer de front et concomitamment à la crise financière, à la crise des ressources et à la crise climatique pour tourner le dos au 'business as usual' et effectuer la mutation vers une économie verte et durable.

L'efficacité des ressources, l'efficacité énergétique, la stratégie pour une Europe à faible teneur en carbone à l'horizon 2050, le 7ème programme d'action pour l'environnement (le sixième expire en juillet 2012), la préparation de la conférence onusienne sur le développement durable RIO +20 (en juin 2012) et la poursuite des négociations internationales sur le climat seront les fils rouge du semestre de la présidence entrante dans le domaine de l'environnement et du climat.

« Si nous voulons mettre les finances sur des rails durables, nous devons développer une nouvelle approche verte. Nous devons utiliser les technologies vertes et l'innovation durable pour stimuler l'économie. Si nous réussissons à obtenir plus avec moins de ressources, nous aurons trouvé la clé de l'économie verte pour l'avenir », a déclaré Ida Auken. Selon elle, « il ne faut pas se braquer sur la crise économique en oubliant que la crise écologique est tout aussi grave, et que sa résolution offre de grandes opportunités à l'Europe »: celles de découpler croissance économique et pollution, de créer une économie de véritable recyclage, de dégager de nouvelles voies et moyens de fabriquer des produits en utilisant moins de matières premières et d'énergie. « Nous sommes au carrefour d'une triple crise. Une crise financière, une crise des ressources et une crise climatique. Dans le même temps, les prix des produits de base atteignent des sommets. Ces défis sont étroitement liés. Nous sommes convaincus qu'une partie de la réponse consiste à assurer l'investissement dans l'efficacité énergétique et la croissance verte. Chaque euro dépensé pour l'efficacité énergétique est un investissement dans l'avenir et contribuera à garantir l'emploi en Europe. Tout euro dépensé pour les importations de combustibles fossiles sortira d'Europe », a renchéri Martin Lidegaard.

Pousser l'agenda vert et imprimer une marque décisive à la politique environnementale des dix prochaines années. Pour la feuille de route sur l'efficacité des ressources, Mme Auken juge important de « ranger à nos côtés les ministres des Finances et les chefs d'État ». La présidence danoise s'efforcera par ailleurs d'introduire l'économie verte dans les perspectives financières et de saisir l'opportunité de la réforme de la PAC pour réduire l'impact de cette politique sur la biodiversité. Le 7ème programme d'action qui devra être élaboré « ne sera pas un arbre de Noël », a précisé Mme Auken. Selon elle, il devrait principalement couvrir les moyens d'appliquer la feuille de route sur l'efficacité des ressources, la mise en œuvre des objectifs de Nagoya en matière de biodiversité, l'énergie et le climat, la santé (au-delà de la réglementation REACH sur les produits chimiques), la mise en œuvre des règles environnementales européennes (l'acquis).

Une présidence bien préparée pour assurer le leadership des négociations sur les dossiers législatifs dont elle aura à traiter, à savoir: - les OGM: compte tenu de la minorité de blocage, les travaux sur les propositions de directive de juillet visant à donner aux États membres la possibilité de limiter ou d'interdire sur leur territoire la culture d'OGM autorisés au niveau européen, s'annonce difficile, mais la présidence danoise espère pouvoir dégager un accord politique pendant son mandat ; - la révision de la directive relative à la teneur en soufre des combustibles marins ; - la refonte du règlement sur le consentement préalable informé ; - la proposition de règlement que doit présenter la Commission sur le démantèlement des navires ; - le règlement concernant l'instrument financier LIFE + 2014-2020, avec pour objectif de parvenir à un accord partiel au Conseil Environnement sur les volets thématiques du programme, les critères d'éligibilité, la sélection de projets et les règles administratives. Des conclusions du Conseil sont attendues sur: - la structure et le contenu du 7ème programme d'action pour l'environnement ; - le protocole à la Convention sur la biodiversité sur l'accès aux ressources génétiques et les avantages liés à leur utilisation (dit Protocole APA ou ABS en anglais) ; - le mercure ;
- la conférence Rio +20.

Relancer le débat sur la feuille de route climat 2050. S'agissant du climat, la présidence danoise assurera le suivi des décisions adoptées lors de la COP 17 à Durban et poursuivra le travail de clarification des positions de l'UE dans les négociations internationales. Elle relancera le débat sur la forme à donner à la politique climatique européenne sur le long terme avec un débat sur la feuille de route vers une Europe à faible teneur en carbone à l'horizon 2050. Une négociation interne sera lancée sur d'éventuelles dates butoirs postérieures à 2020 (par exemple 2030 et 2040), ce dont la présidence polonaise avait refusé d'entendre parler au Conseil Environnement de juin 2011. (AN)

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