Bruxelles, 16/09/2011 (Agence Europe) - Foin des querelles. De l'avis de ses participants, le quatrième sommet UE/Afrique du Sud, accueilli le 15 septembre dans le Parc national Kruger (EUROPE n° 10450), a été prometteur, en particulier pour l'avenir de la Libye, de la démocratie au Zimbabwe, du climat et d'un accord de partenariat économique (APE) entre l'UE et la SADC. Sur tous ces sujets sensibles, les deux parties liées par un partenariat stratégique depuis 2007 ont choisi de mettre de côté leurs divergences d'approche pour aller de l'avant.
« Globalement, nous sommes très satisfaits du contenu et de la profondeur des discussions. La rencontre d'aujourd'hui a contribué à consolider notre dialogue permanent et notre engagement avec l'UE », a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma à l'issue du sommet. Herman van Rompuy, président du Conseil européen, n'a pas dit autre chose quand il a affirmé: « Même si nous avons eu des divergences de fond dans le passé, je pense que nous partageons l'avenir».
Libye. L'Afrique du Sud qui avait voté la résolution 1973 du Conseil de sécurité pour protéger les populations civiles, mais réprouvé les bombardements de l'OTAN, ne reconnaît toujours pas le Conseil national de transition (CNT) libyen dont la légitimité est acquise pour les Européens. Pour autant, avec la chute du régime de Kadhafi, c'est aujourd'hui la transition démocratique, la stabilisation et le relèvement du pays, selon ses propres priorités, qui importent pour les deux parties. « Je crois que nous avons la même vision du futur », a déclaré Herman Van Rompuy, ajoutant: « Nous sommes d'accord pour dire que l'avenir du pays est entre les mains du peuple libyen et que l'action internationale est essentielle pour aider le pays à réussir sa transition vers une démocratie inclusive ».
Zimbabwe. Les sanctions de l'UE sont toujours réprouvées par l'Afrique du Sud mais les deux parties souhaitent contribuer à la tenue d'élections libres et démocratiques l'an prochain. M. Van Rompuy a réitéré l'engagement de l'UE envers la normalisation de ses relations avec le Zimbabwe et rappelé à cet égard qu'« une feuille de route crédible pour la tenue d'élections libres, équitables, transparentes et pacifiques » est incontournable.
APE entre l'UE et la SADC. À défaut d'avoir résolu les questions en suspens, éminemment techniques, les deux parties ont affiché leur volonté de conclure cet APE régional. « Les discussions ont indiqué qu'il y avait une nouvelle base pour négocier. Alors, nous sommes optimistes », a déclaré Jacob Zuma. Herman van Rompuy, quant à lui, a estimé que « les pays d'Afrique australe tireront profit d'un nouvel accord de partenariat économique avec l'UE qui permettra de promouvoir davantage le commerce. Il est de notre intérêt mutuel de finaliser ces négociations rapidement. L'engagement ferme de faire une priorité de la conclusion de ces négociations est un résultat majeur de ce sommet ».
Climat. Dans la perspective de la conférence climatique onusienne de Durban (COP 17, 28 novembre -
9 décembre), l'UE et le pays hôte se sont engagés à œuvrer à l'obtention d'un ensemble de décisions équilibrées pour rendre opérationnels les résultats de Cancún (COP 16), mais aussi de s'attaquer à toutes les questions en suspens. « L'UE est déterminée à obtenir un résultat positif pour le monde, y compris pour l'Europe et l'Afrique », a souligné José Manuel Barroso, président de la Commission en rappelant la nécessité « d'une action collective de tous les émetteurs majeurs , qui reflète la responsabilité commune que nous avons tous dans la lutte contre le changement climatique ». Pour ce dossier, comme pour le G20 de Cannes (en novembre), l'Afrique du Sud, pays émergent des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), a un rôle majeur à jouer. (AN)