Bruxelles, 30/08/2011 (Agence Europe) - Les trois institutions européennes impliquées dans les négociations visant à boucler la réforme du Pacte de stabilité et de croissance feront tout pour boucler rapidement les négociations, si possible d'ici fin septembre. La crise nous a rappelé à quel point nos économies sont interconnectées, « c'est pourquoi un accord rapide entre le Conseil et le Parlement européen sur le paquet 'gouvernance économique' est essentiel », a déclaré mardi 30 août 2011 le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso, à l'issue d'une réunion bilatérale avec le Premier ministre polonais Donald Tusk. Accueillant favorablement l'intention de la Présidence polonaise d'accorder une grande priorité à ce dossier, il a indiqué que la Commission avait, « durant le mois de juillet », suggéré des compromis sur l'unique question en suspens, à savoir l'introduction de décisions plus automatiques dans le cadre préventif du Pacte. Une disposition réclamée par le PE mais rejetée par le Conseil (EUROPE n°10437).
M. Tusk a espéré que les négociations sur le paquet de six textes législatifs pourront aboutir courant « septembre ». La veille, lors d'un débat au sein de la commission des affaires économiques et monétaires (EUROPE n°10440), son ministre des Finances, Jacek Rostowski, avait considéré que la réforme du Pacte constituait « un test » visant à démontrer la capacité de l'Europe à faire face à la crise. Si nous n'y arrivons pas, cela démontrera que la méthode communautaire n'aura pas permis d'apporter des solutions, a-t-il mis en garde.
Gouvernance économique. Soulignant lui aussi l'urgence d'un accord sur le paquet législatif, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a plaidé au PE en faveur d'une clarification institutionnelle des compétences en matière de gouvernance de la zone euro. « Nous devons réfléchir à la manière d'améliorer la division des tâches et des responsabilités » entre les sommets de l'Eurozone et l'Eurogroupe, a-t-il déclaré. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy fera d'ici octobre des propositions sur la gestion de crise dans la zone euro. Selon le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, l'idée franco-allemande d'organiser deux fois par an des sommets de l'Eurozone est insuffisante pour insuffler « la dose de réactivité » nécessaire face à la récurrence des turbulences financières. Mi-août, Berlin et Paris ont aussi proposé que M. Van Rompuy devienne le premier président de la zone euro (EUROPE n°10436). M. Barroso présentera, début septembre au PE, les idées de la Commission sur la façon de renforcer davantage la gouvernance économique. Quant à la question des euro-obligations, M. Rehn a estimé que leur introduction s'accompagnerait inévitablement d'« un renforcement substantiel de la surveillance et de la coordination budgétaires ». La Commission présentera d'ici fin 2011 une étude de faisabilité des 'eurobonds' une fois bouclée la réforme du Pacte de stabilité. (M.B.)