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Bulletin Quotidien Europe N° 10441
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/syrie

Conséquences d'un embargo sur le pétrole

Bruxelles, 30/08/2011 (Agence Europe) - La mise en place prochaine d'un embargo de l'UE sur les importations de pétrole syrien ne devrait pas avoir un impact immédiat sur la répression envers la population civile, mais devrait probablement mettre à mal les finances du régime de Damas en diminuant considérablement l'arrivée de devises étrangères, selon des experts cités par Reuters. La production syrienne est estimée actuellement à près de 385 000 barils de pétrole par jour, dont 150 000 sont exportés en grande partie à destination de l'UE. Le porte-parole de Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'UE, a tenu à rappeler, mardi 30 août, que les violences continues, les allégations de tortures et les attaques brutales et ciblées contre des personnalités reconnues pour leur critique du régime, comme l'agression du dessinateur satirique Ali Ferzta, sont intolérables et suscitent l'indignation.

Après des sanctions visant des entités et responsables proches du régime, l'UE s'apprête ainsi à mettre en place un embargo sur le pétrole venant de Syrie. Selon les dernières informations, la décision est attendue dans les prochains jours. Même si cela n'empêchera pas directement la répression, la Syrie sera obligée de trouver d'autres importateurs pour son pétrole, ce qui induirait une baisse du prix de vente. Par ailleurs, un tel changement nécessite habituellement plusieurs mois, comme le fait remarquer un expert du marché de pétrole de Petromix. Cela aura une incidence considérable sur les perspectives économiques de la Syrie, d'autant plus que la valeur des importations européennes est estimée à près de 2,5 milliards de dollars par an. Malgré l'absence de chiffres officiels, les experts estiment que l'économie syrienne décroîtra cette année de 5% et cela sans que soit pris en compte un embargo de l'UE. (J.K.)