Bruxelles, 30/08/2011 (Agence Europe) - Le débat sur le niveau de capitalisation des banques européennes a rebondi, mardi 30 août, avec la révélation, par le FT Deutschland, d'une lettre du président de l'Autorité européenne de supervision bancaire (EBA), Andrea Enria, suggérant aux ministres européens des Finances que le fonds de sauvetage européen, la Facilité EFSF, intervienne directement dans le capital des banques en difficulté. L'EBA reconnaît de cette manière la nécessité d'accélérer la recapitalisation de certains établissements bancaires par le biais de fonds publics, en écho aux récentes déclarations de la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde selon laquelle le besoin en fonds propres du secteur bancaire européen revêt un caractère urgent (EUROPE n°10440). Fin juillet, les pays de l'Eurozone ont convenu que, afin de faire face au risque de contagion de la crise de la dette souveraine, l'EFSF soit en mesure de « financer la recapitalisation des établissements financiers par des prêts aux gouvernements, y compris dans les pays ne bénéficiant pas d'un programme ». Une mesure que les Dix-sept doivent encore ratifier.
Lundi, lors d'un débat en commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a pourtant estimé que « les banques européennes étaient bien mieux dotées en capital aujourd'hui par rapport à l'année dernière » car leurs fonds propres ont crû de « 50 milliards d'euros », comme l'ont confirmé les résultats des 'stress tests' coordonnés par l'EBA elle-même (EUROPE n°10421). Les huit banques ayant échoué aux tests et celles les ayant réussis de justesse ont entre six et neuf mois pour renforcer leur solidité financière, a-t-il rappelé, tout en reconnaissant les récentes difficultés des banques à se refinancer sur les marchés. Devant les eurodéputés, le président de la BCE Jean-Claude Trichet avait néanmoins rejeté tout problème de liquidité bancaire. (M.B.)