Bruxelles, 30/08/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne entend rendre les technologies numériques accessibles à tous. Dans le cadre de cet objectif, elle a annoncé mardi 30 août qu'elle s'apprête à financer un projet destiné à rendre les terminaux en libre-service plus faciles d'accès aux personnes présentant un handicap. Selon une étude de l'UE, seuls 38% des distributeurs de billets de banque dans l'ensemble de l'UE sont dotés d'un système à commande vocale pour personnes handicapées. Aux États-Unis, 61% des distributeurs sont munis d'un tel système et au Canada, quasi tous le sont. « Les terminaux publics sont omniprésents et leur nombre ne cesse d'augmenter. Pourtant, l'utilisation de la plupart d'entre eux pose problème aux personnes handicapées ou à certaines personnes âgées, les privant ainsi de ce service », a déclaré Neelie Kroes, la commissaire responsable de la stratégie numérique. Or, comme le souligne la stratégie européenne en faveur des personnes handicapées 2010-2020, « l'accessibilité est un préalable à la participation à la société et à l'économie ».
Il existe actuellement dans l'Union européenne un certain nombre de solutions technologiques permettant de faciliter l'utilisation des terminaux numériques publics, telles que des claviers placés à la portée des utilisateurs en chaise roulante, des étiquettes en braille apposées sur les touches ou des indications vocales transmises par un haut-parleur pour les utilisateurs malvoyants. Toutefois, ces fonctions sont souvent indisponibles ou inactivées parce que leurs modalités de fonctionnement sont trop complexes. Le projet APSIS4AII, auquel la Commission européenne apportera un financement de 3,41 millions d'euros, soit la moitié du budget total, a pour objectif de concevoir et de valider des interfaces personnalisées, notamment les cartes sans contact, afin de lever les entraves existantes en matière d'accessibilité, facilitant la vie des Européens présentant un handicap (une personne sur six) et des 87 millions d'Européens âgés de 65 ans et plus. Des premiers tests seront effectués sur des distributeurs de billets à Barcelone (Espagne) à partir de septembre 2011 ainsi que sur les distributeurs de tickets à Paderborn (Allemagne) à compter de janvier 2012 et s'étaleront sur une période de trois ans. L'objectif de ce projet est de proposer un cadre normalisé qui encouragerait le secteur des distributeurs automatiques de billets et les fournisseurs de services à adopter davantage de fonctionnalité en matière d'e-accessibilité. À terme, cela permettrait de rendre les terminaux numériques publics plus faciles d'accès à un large éventail d'utilisateurs, allant des personnes qui ne connaissent pas bien cette technologie aux personnes qui éprouvent des difficultés de lecture, en passant par les touristes qui ne maîtrisent pas la langue locale, explique la Commission. Le système sera axé sur des technologies de pointe. Par exemple, lors des tests, une carte programmée contenant les préférences de l'utilisateur pourrait être utilisée. Lorsque l'utilisateur approche la carte du distributeur de billets, la machine s'adapte instantanément aux besoins de l'utilisateur (éventuellement la taille de la police ou le choix de la langue). D'autres interfaces pourraient comprendre l'utilisation d'un téléphone mobile avec des fonctionnalités d'accessibilité permettant à l'utilisateur d'acheter un ticket en ligne et de payer au distributeur qui émet le ticket grâce à un code de sécurité envoyé sur son téléphone. (I.L.)