Bruxelles, 27/07/2011 (Agence Europe) - La direction générale de la santé et des consommateurs de la Commission européenne a publié le 27 juillet les résultats d'une consultation publique sur la prochaine révision de la directive relative aux produits du tabac. Ouverte le 24 septembre et clôturée le 17 décembre 2010, cette consultation a donné lieu à 85 000 réponses, un chiffre sans précédent, selon la Commission. « Les résultats de ce grand débat public aideront à orienter nos travaux visant à lutter contre les méfaits du tabagisme, et surtout à empêcher les jeunes de commencer à fumer », a déclaré John Dalli, commissaire européen chargé de la santé et des consommateurs.
Première cause de maladie évitable dans l'Union européenne, le tabac est la cause présumée du décès de plus de 650 000 personnes chaque année dans les États membres. À l'échelle mondiale, le tabac tue près de six millions de personnes chaque année, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), un chiffre qui pourrait passer à huit millions d'ici 2030 si les nations ne prennent pas de mesures. La nécessité d'une action au niveau européen s'impose donc assez nettement. L'actuelle directive relative aux produits du tabac date de 2001 et, depuis, la situation en matière d'usage du tabac a évolué. En particulier, l'UE et 26 de ses États membres ont signé la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. La consultation publique demandait l'avis des personnes concernées sur plusieurs options envisageables pour lutter contre l'usage du tabac, portant sur les avertissements graphiques obligatoires (ou images) sur les paquets de produits du tabac, l'emballage neutre ou générique, la réglementation des substances nocives ou attractives dans les produits, la restriction ou l'interdiction de la vente de produits du tabac sur Internet et dans les distributeurs automatiques. Les contributions ont été très variées. En matière d'avertissements graphiques, les partisans estiment que de telles mesures réduisent l'effet publicitaire de l'emballage et les opposants qu'elles influent peu sur la décision de commencer de fumer. Les personnes en faveur d'une réglementation portant sur les ingrédients affirment que le fait de restreindre l'utilisation d'additifs au même titre que les goûts sucré, fruité et floral pourrait dissuader les jeunes de commencer à fumer. D'autres pensent qu'une telle réglementation n'arrête pas les jeunes et pourrait être discriminatoire envers certaines variétés et certaines marques de tabac. Les résultats de la consultation seront pris en compte dans l'analyse d'impact en cours, qui examine les répercussions économiques, sociales et sanitaires ainsi que la faisabilité des différentes options stratégiques. Les conclusions de cette analyse seront présentées en même temps qu'une proposition législative attendue l'an prochain. (I.L.)