Bruxelles, 21/04/2011 (Agence Europe) - La 21ème session du Conseil conjoint de coopération UE-CCG (Conseil de coopération du Golfe: Bahreïn, Oman, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar et Arabie saoudite) qui a eu lieu mercredi 20 avril à Abou Dhabi, avec la participation de Catherine Ashton, s'est achevée sur l'affirmation d'une satisfaction générale des parties après un passage en revue de l'état de leur coopération au titre de l'accord de coopération de 1988 et l'affirmation de leur volonté de « poursuivre leurs consultations en vue de conclure aussitôt que possible leurs négociations » pour un nouvel accord basé sur le 'libre-échange'. La formule, devenue rituelle, depuis plusieurs années, tente de masquer la perte d'intérêt dans cet accord négocié durant une vingtaine d'années, avec acharnement, mais dont la finalisation ne bute que sur un nombre réduit de points devenus difficiles à régler en l'absence de volonté politique.
Pour maintenir la relation, un programme commun a été initié l'an dernier. Il porte sur une mise en contact d'administrations, d'universités et de scientifiques.
Le Parlement européen, dans sa résolution sur ce thème, en mars dernier, a rappelé et fait valoir que « la nécessité d'un accès réciproque aux marchés, la protection effective des droits de propriété intellectuelle, la suppression des obstacles non tarifaires à la prestation de services, la promotion du développement durable et le respect des conventions internationales, restent d'actualité ».
La faiblesse des éléments de coopération économique (comme l'abandon des formules de mise en contact des entreprises et l'idée de projets communs) a affecté la substance de l'accord en vigueur, maintenu quasiment en état de veille pour sauvegarder un seuil minimal de contact avec une région vitale pour l'UE, pour ses réserves en produits énergétiques, ses réserves financières (un tiers de la totalité des fonds souverains mondiaux et qui auraient « contribué au sauvetage du système financier mondial et européen en réponse à la crise »), selon un rapport du Parlement, et aussi pour l'enjeu géostratégique qu'elle représente à proximité de l'Iran et du Proche-Orient. Cela explique sans doute la prudence de ton de l'UE lorsqu'elle évoque avec les six monarchies la question des droits de l'Homme dont elle entend pourtant faire la pierre de touche (communication de mars dernier pour la réaffirmation la plus récente) de ses relations extérieures. Les deux groupes de pays ont affirmé leur foi dans les valeurs communes de la tolérance inter-religieuse et leur engagement commun à promouvoir les droits de l'Homme en conformité avec la déclaration des droits de l'Homme et des instruments les plus pertinents.
L'intérêt de la session d'Abou Dhabi, mercredi, était cependant plus dans les aspects politiques et l'examen de la situation dans la région arabe et proche-orientale a donné lieu à un échange d'analyses qui a permis d'évoquer aussi bien la Palestine que l'Irak, le Yémen ou l'Iran et la piraterie qui a cours dans l'océan au débouché du Golfe, au large de la Somalie. Les parties ont surtout évoqué la Libye, sachant que les pays du CCG, en particulier le Qatar, ont apporté leur caution à la coalition mobilisée contre le colonel Kadhafi lequel a, d'un avis commun, « perdu toute légitimité ». « Nous demeurons déterminés à rechercher une rapide transition de pouvoir en Libye », a déclaré Mme Ashton, lors d'une conférence de presse commune avec le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane. Le CCG et l'UE appellent à « un cessez-le-feu immédiat et sérieux » en Libye, selon le communiqué publié au terme de leur réunion, axée sur la coopération entre les deux groupes et sur l'examen de la conjoncture régionale et internationale. Une seule omission, flagrante, la situation au Bahreïn, un des six pays du CCG dont les soubresauts politiques internes demeurent ainsi à l'abri de toute ingérence. (F.B.)