Bruxelles, 21/04/2011 (Agence Europe) - Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn presse les futures autorités finlandaises de prendre une décision rapide sur la participation du pays au sauvetage financier du Portugal qui a demandé une aide financière internationale. « Le nouveau gouvernement finlandais… peut forger une opinion… sur la participation de la Finlande à la ligne de conduite européenne visant à empêcher l'insolvabilité du Portugal, ou sur sa non participation à la solution (envisagée) et en accepter toutes les conséquences », a-t-il déclaré dans une interview accordée jeudi 21 avril à Helsingin Sanomat, le plus grand quotidien du pays. Et d'ajouter: « La démocratie et le résultat des élections doivent être respectés. (…) Mais dans le même temps, l'Eurogroupe doit être capable de prendre les décisions qui empêcheront le Portugal de faire défaut ». Le commissaire a espéré que les autorités finlandaises préservent leurs propres intérêts et « pensent à l'Europe un petit peu également ».
Tenues le week-end dernier, les élections législatives finlandaises ont été marquées par la forte poussée du parti eurosceptique des 'Vrais Finlandais' qui a fait campagne sur le refus de payer les yeux fermés pour les erreurs du Portugal (EUROPE n°10361). Désormais la 3ème force politique du pays, les 'Vrais Finlandais' négocient actuellement leur participation au futur gouvernement qui devrait être dirigé par l'actuel ministre des Finances Jyrki Katainen, chef du parti de centre-droit de la 'Coalition nationale'. Les négociations pourraient durer plusieurs semaines. Or, les ministres des Finances de la zone euro sont appelés, lundi 16 mai, à avaliser à l'unanimité l'aide financière au Portugal qui sera conditionnée à un rigoureux plan d'austérité (EUROPE n°10355). Un vote du parlement finlandais, que M. Rehn espère positif, devrait intervenir avant fin mai de façon à donner au fonds européen de sauvetage (EFSF) le temps nécessaire pour lever des fonds sur les marchés et permettre au Portugal d'honorer, mi-juin, près de 5 milliards d'euros d'engagements financiers.
Les erreurs des autres. Le leader des 'Vrais Finlandais', Timo Soini, a expliqué au quotidien El Pais le ras-le-bol de ses électeurs vis-à-vis de l'Europe: « Un pouvoir trop important a été transféré à Bruxelles dans pratiquement tous les domaines, par exemple celui des sauvetages financiers. La majorité des Finlandais ne l'acceptent pas parce que nous n'avons rien à voir avec la crise et nous ne voulons pas payer les erreurs des autres ». Interrogé sur sa position relative au sauvetage du Portugal, il a estimé que « les termes » de l'aide ne pourront pas être identiques à ceux envisagés avant les élections. « Pour commencer, il doit y avoir une diminution du fonds de sauvetage provisoire. Mais ce n'est pas qu'une question de quantité. Le mécanisme d'aide doit changer parce qu'il ne marche pas », a indiqué l'ancien eurodéputé, qui ne souhaite quand même pas être à l'origine d'une « crise de stabilité en Europe ». (M.B.)