Bruxelles, 21/04/2011 (Agence Europe) - Les différences persistantes entre les 153 pays membres de l'OMC non seulement réduisent considérablement l'espoir d'un accord bouclant le round de Doha en 2011, mais mettent en péril l'ensemble du système commercial multilatéral, a averti Pascal Lamy, jeudi 21 avril.
Les divergences dans le chapitre des produits industriels, en particulier celui des accords sectoriels, qui visent une élimination progressive, sur une base volontaire, des tarifs dans 14 secteurs industriels clés (automobile, électronique, machines, jouets, produits chimiques, textiles…), et qui engageraient les grands pays émergents, « bloquent le processus et font peser de sérieux doutes sur la conclusion du round cette année », explique le directeur général de l'OMC, dans une note accompagnant les documents remis jeudi par les présidents des différents groupes de négociation - agriculture, NAMA, services…
À défaut de textes de compromis révisés sur les modalités de libéralisation des échanges dans chacun de ces trois secteurs clés, que les médiateurs n'ont pas été en mesure de rédiger devant l'absence de progrès, ces documents font toutefois apparaître un tableau d'ensemble à la fois « impressionnant » au vu des avancées réalisées depuis le lancement du round, et « réaliste » en ce qu'il insiste sur les divergences restantes.
Et plus que sur les progrès accomplis depuis 2001, M. Lamy insiste sur les désaccords persistants qui mettent en péril un round de libéralisation commerciale pourtant dédié au développement. « Je pense que nous sommes confrontés à un fossé d'ordre politique manifeste qui, tel qu'il est aujourd'hui (...) et d'après ce que j'ai entendu de mes consultations, ne peut être comblé à l'heure actuelle », souligne-t-il, admettant, une fois n'est pas coutume pour un patron de l'OMC d'ordinaire optimiste, que « la situation est grave pour le round ». Aussi M. Lamy demande-t-il aux 153 pays membres de « bien réfléchir à ce qu'impliquerait l'abandon de dix années de travail multilatéral continu » et de dialoguer les prochaines semaines pour tenter de rapprocher leurs positions. Les délégations sont appelées à en débattre d'abord au niveau des ambassadeurs, à l'occasion d'une réunion du comité des négociations commerciales le 29 avril, puis au niveau ministériel fin mai à Paris. (E.H.)