Bruxelles, 23/09/2010 (Agence Europe) - En adoptant à main levée, mardi 21 septembre à Strasbourg, le rapport d'Eleni Theocharous (PPE, chypriote) sur la réduction de la pauvreté et la création d'emplois dans les pays en développement, le Parlement européen formule un ensemble de recommandations en ce qui concerne les défis pour ces pays (en matière d'économie, de citoyenneté et de gouvernance) et les défis pour les donateurs.
Défis. En matière d'économie, le PE invite plus particulièrement les gouvernements de ces pays à: - diversifier leur économie en développant leur secteur manufacturier et à éviter de surcharger les entreprises (en particulier les PME, moteurs de l'emploi et de la croissance) ; - à souscrire à l'agenda pour le travail décent de l'OIT ; - soutenir en priorité les besoins sociaux de base, promouvoir la protection des enfants et des femmes vulnérables, des jeunes à risque, des travailleurs à faible revenu non qualifiés et migrants, des travailleurs ruraux et des personnes handicapées ; - étendre la propriété foncière aux pauvres.
En matière de citoyenneté et de gouvernance, le PE invite notamment tous les pays en développement à signer d'urgence la Convention des Nations unies contre la corruption, à promouvoir des parlements indépendants, à mettre en œuvre le droit à la non-discrimination.
Défis partagés. Le PE demande entre autres que les réponses à la crise économique mondiale soient conçues par les pays et les régions et comprennent les mesures mentionnées dans l'instrument politique de l'OIT « Un pacte mondial pour l'emploi » afin de faciliter les investissements dans des secteurs à forte intensité de main-d'œuvre et favorables à l'environnement, ainsi que dans des régimes de protection sociale.
Défis pour les donateurs. En matière d'aide, le PE demande notamment: - l'adoption d'une définition commune de la pauvreté par les États membres afin d'identifier les domaines de travail appropriés et les bénéficiaires éligibles à l'aide européenne au développement ; - à l'UE de revoir sa politique de subventions, notamment dans le secteur agricole ; - à la Commission et aux États membres de promouvoir les entreprises durables créant des emplois décents.
En matière de renforcement des capacités et de gouvernance mondiale, le Parlement demande entre autres à l'UE de consacrer son aide au renforcement des systèmes de protection sociale dans les pays en développement en tant que moyen important et efficace de réduire la pauvreté. Il invite aussi l'UE et le G 20 à prendre des mesures concrètes afin d'éradiquer les abus des paradis fiscaux, la fraude fiscale et les fuites illicites de capitaux depuis les pays en développement et de promouvoir l'investissement de ces ressources dans les pays en développement. (G.B.)