La Belgique doit garantir stabilité politique et climat économiquement avantageux aux investisseurs - L'Europe occidentale reste vulnérable. - Selon la dernière édition du baromètre de l'attractivité en Belgique publié par Ernst & Young, les investisseurs souhaitent des conditions fiscales plus favorables et un climat politique plus stable dans le pays. Les interviews ont été menées auprès d'un panel de 814 chefs d'entreprises parmi les plus exigeants au monde. Au niveau de l'Europe [l'étude comprend un important chapitre sur les investissements directs étrangers (IDE) en Europe], le cabinet Ernst & Young souligne que ce continent reste vulnérable tant à l'est (qui doit reconstruire ses systèmes financiers et sociaux) qu'à l'ouest (qui voit ses prix perdre en compétitivité et n'est pas considéré comme performant pour les investissements dans le domaine de la connaissance). En 2009, les investisseurs ont opté pour des projets plus modestes, plus ciblés et plus régionaux mais tablent désormais sur la demande de technologies, de services, de biens de consommation, d'infrastructures, dans une optique écologique et durable. L'enquête souligne que: 1) Situation générale: l'afflux d'investissements étrangers vers l'Europe a reculé de 36% car les incertitudes économiques ont rendu les investisseurs hésitants. L'Europe a totalisé 3 303 projets en 2009, soit 11% de moins qu'en 2008, tandis que la création d'emplois générés par ces IDE a baissé pour la troisième année consécutive, cette fois de 16% pour descendre à 124 923 ; 2) Europe de l'Ouest: les IDE ont créé 18% d'emplois en moins en Europe occidentale. Près de la moitié de cette perte concerne le secteur des services mais l'industrie a également subi de profonds revers. Les entreprises chinoises et indiennes arrivent, pour l'instant, en tête des nouveaux investisseurs étrangers en Europe, surtout dans les régions occidentales ; 3) Europe de l'Est: la forte chute de la création d'emplois en Europe centrale et orientale a ralenti en 2009 car les producteurs d'automobiles, de systèmes électroniques et d'ordinateurs ont annoncé leur intention d'y implanter de nouvelles usines. De manière globale, le nombre de nouveaux projets d'investissements étrangers a diminué de 23% mais 76 629 emplois ont été créés grâce à des IDE. Cela n'a représenté que 14% de moins qu'en 2008 - un résultat nettement supérieur à la création d'emplois via les investissements étrangers en Europe occidentale ; 4) Attractivité: l'Europe était considérée jusqu'ici comme la deuxième destination la plus populaire pour les investissements étrangers mais, en 2010, les investisseurs désignent à nouveau la Chine comme le pays le plus attractif pour les investisseurs étrangers, à l'échelle mondiale. Par ailleurs, malgré une croissance mondiale escomptée de 4%, la croissance européenne ne devrait être que de 1% et les investisseurs focalisent dès lors leur attention sur les marchés à forte croissance ; 5) Chine: la stabilité politique, une infrastructure en développement et un énorme marché interne vont de pair avec une croissance rapide. Ce pays affiche encore un score d'attractivité de 39% soit un point de plus que l'Europe occidentale. L'Inde, avec un score de 22%, est considérée comme aussi attrayante que les États-Unis et le Canada, bien que tous deux soient devancés de deux points par l'Europe orientale. En Belgique, le nombre de nouveaux projets accusait jusqu'ici un recul considérable. En 2009, la reprise a été manifeste avec 100 nouveaux investissements sur un total de 146 IDE. 64 ont été enregistrés en Flandre, 57 en Wallonie et 25 à Bruxelles. Ernst & Young constate que la part de la Flandre dans les IDE ne cesse de reculer. Bruxelles enregistre également une baisse au bénéfice du Brabant wallon. À l'inverse, la Wallonie atteint un niveau record. Les États-Unis restent les premiers investisseurs en Belgique, avec 33 projets sur 146 malgré une tendance à la baisse observée depuis 2005. Les autres investisseurs sont, par ordre d'importance: le Royaume-Uni (16 projets), la France (14 projets), l'Allemagne (13 projets) et les Pays-Bas (9 projets). La part des pays de la zone BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine) continue de chuter alors que cette part dans les autres pays d'Europe augmente, globalement. Le Japon reste un bon client, sa part dépassant celle des pays BRIC réunis. Parmi les atouts de la Belgique, les investisseurs étrangers citent avant tout la qualité de vie, suivie par l'infrastructure en matière de télécommunications. Ernst & Young formule huit recommandations pour maintenir et augmenter les investissements étrangers en Belgique: 1) la stabilité jouera un rôle crucial ; 2) des mesures urgentes doivent être prises pour contrer une trop forte fiscalité et des charges salariales trop élevées ; 3) il faut maintenir la déduction des intérêts notionnels ; 4) l'impôt des sociétés doit être réduit ; 5) la Commission de Ruling, qui donne une sécurité juridique en matière de fiscalité, doit convaincre davantage de son utilité ; 6) il faut plus de stimuli fiscaux pour l'innovation ; 7) mettre davantage l'accent sur la recherche d'investissements ; 8) l'entrepreneuriat écologique, l'innovation et la R&D sont les enjeux du futur. (I.L.)