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Bulletin Quotidien Europe N° 10212
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/affaires ÉtrangÈres

« L'UE manque de cohérence et de consistance » vis-à-vis de la Chine, estime Mme Ashton - Début du « Gymnich »

Bruxelles, 10/09/2010 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE étaient réunis vendredi après-midi à Bruxelles autour de Catherine Ashton (réunion informelle du type « Gymnich ») pour discuter des relations de l'UE avec ses partenaires stratégiques (en particulier la Chine), de la situation au Pakistan et de la future coopération politique avec la Turquie (EUROPE n° 10210). D'autres sujets tels que la reprise des pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens ou les prochains recrutements de Mme Ashton pour le service européen pour l'action extérieure (SEAE) étaient également susceptibles d'être évoqués (la désignation des nouveaux chefs de délégation dans 29 pays tiers est attendue pour les prochains jours, EUROPE n° 10201). À l'heure de mettre sous presse, la première séance de travail était toujours en cours ; la réunion devait se terminer samedi midi par une conférence de presse du Haut représentant et du ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere (EUROPE y reviendra).

Partenaires stratégiques. Le débat sur les partenaires stratégiques devait notamment servir à préparer le Conseil européen du 16 septembre qui discutera du même sujet (voir autre nouvelle ci-dessous). Jeudi au COREPER, les États membres se sont déjà entendus sur un projet de conclusions qui sera discuté lundi par le Conseil Affaires générales et soumis jeudi au sommet pour approbation. Dans ce projet de texte, il est stipulé que l'UE doit identifier « plus clairement » ses intérêts et objectifs stratégiques et mener une réflexion « plus ciblée » sur les moyens d'y parvenir. Et c'est au Conseil européen que le Traité de Lisbonne a explicitement dévolu le rôle d'identifier les intérêts et les objectifs stratégiques de l'Union dans le domaine des relations extérieures, est-il rappelé dans le texte. Les sommets (États-Unis, Russie, Chine, Corée du Sud, Inde) et réunions internationales importantes (sommet du G20, conférence de Cancún, etc.) qui sont programmés pour les prochaines semaines et mois nécessitent donc des « orientations stratégiques claires de la part du Conseil européen et une préparation optimale par le Conseil », notent les États membres. Ainsi, il a été convenu que le sommet du G20 à Séoul (11 novembre) et le sommet avec les États-Unis (20 novembre) seront préparés « en détail » par le Conseil européen des 28/29 octobre. En vue du sommet avec l'OTAN (19 novembre à Lisbonne), Mme Ashton est « invitée par le Conseil européen à réfléchir à la manière dont le partenariat UE/OTAN pourrait encore être renforcé ». L'avenir des relations avec les pays des Balkans occidentaux sera à l'ordre du jour du Conseil européen de décembre. L'énergie est devenue un élément essentiel des relations extérieures, lit-on encore dans le projet de conclusions du sommet du 16 septembre. Herman Van Rompuy convoquera un sommet extraordinaire entièrement consacré au thème de l'énergie pour le 4 février prochain.

Mme Ashton appelle à plus de cohérence vis-à-vis de la Chine. Dans une lettre qu'elle a envoyée le 3 septembre aux ministres des Affaires étrangères en vue du « Gymnich » de ce week-end, Catherine Ashton regrette que « l'UE manque toujours de cohérence et de consistance » dans ses relations avec la Chine. « Nous devons mieux préparer les sommets, définir plus clairement nos priorités et avoir une vue plus globale de nos relations avec la Chine. Les questions économiques, politiques, sécuritaires ou sociales telles que l'État de droit ou l'immigration ne devraient pas être traitées comme si c'étaient des sujets complètement indépendants », écrit le Haut représentant aux ministres. « Nos actions devraient être plus ciblées et orientées vers des résultats concrets, y compris dans le domaine des droits de l'Homme et de l'État de droit », estime Mme Ashton. En ce qui concerne les droits de l'Homme, « nos préoccupations sont légitimes mais nos efforts (le dialogue régulier sur les droits de l'Homme) ne sont pas des plus efficaces » pour y remédier, constate encore Mme Ashton. (H.B.)

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