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Bulletin Quotidien Europe N° 10189
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/islande

La pêche, gros morceau des négociations d'adhésion

Bruxelles, 27/07/2010 (Agence Europe) - La première conférence intergouvernementale (CIG) sur l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne, qui marque l'ouverture formelle des négociations d'adhésion avec ce pays, s'est tenue mardi 27 juillet à Bruxelles (EUROPE n° 10188). « Au cours des quarante dernières années, l'histoire a montré que l'Islande est en mesure de devenir membre de l'UE, et de remplir les critères établis par le Conseil européen de Copenhague en 1993 », a déclaré Steven Vanackere, le ministre belge des Affaires étrangères, après la CIG. Il a ajouté que des efforts sérieux seront requis de l'Islande dans les domaines suivants: pêche, agriculture et développement rural, environnement, libre circulation des capitaux, services financiers. « C'est un processus exigeant, mais nous pensons que l'Islande a les capacités et la détermination pour arriver à une conclusion positive de ce processus », a conclu M. Vanackere.

Pour Stefan Füle, commissaire à l'Élargissement, « l'adhésion de l'Islande à l'UE présentera des avantages pour les deux parties. Pour l'Islande, elle sera gage de stabilité économique et monétaire. Pour l'UE, elle se traduira par une position renforcée dans ses relations avec la région arctique et dans des domaines tels que les énergies renouvelables et le changement climatique ». M. Füle s'est montré « préoccupé » par le manque de soutien public à l'heure actuelle en Islande pour l'adhésion à l'UE. « Cela montre qu'il est nécessaire d'avoir une information plus objective sur les politiques de l'UE », a-t-il ajouté. La décision d'adhésion « doit être fondée sur des faits et des chiffres, et pas sur des peurs ». C'est la population islandaise qui décidera par référendum de l'adhésion du pays à l'UE.

« Nous n'arrivons pas les mains vides », a dit le ministre islandais des Affaires étrangères, Össur Skarphéðinsson. Il a conseillé à l'Europe de s'inspirer de son modèle durable de pêche et de son expérience en matière notamment d'énergie géothermique. Il a dit que son pays souhaite que l'UE « tienne compte du fait que la chasse à la baleine fait partie de nos traditions », avant d'ajouter: « Nous ne mettons en danger aucun stock ». Il a défendu les spécificités du secteur islandais de la pêche: - l'économie du pays dépend très largement de la pêche ; - les eaux islandaises n'ont pas de frontières communes avec les autres pays de l'UE. Selon lui, la politique commune de la pêche (PCP) « n'a pas été conçue pour répondre à ce type de situation ». Le ministre islandais a rappelé que l'agriculture arctique de la Finlande ne fait pas partie de la PAC (politique agricole commune). « Ces précédents me rendent optimiste. Je pense qu'une solution satisfaisante pour tous saura être trouvée », a dit M. Skarphéðinsson. Avant que ne commencent véritablement les négociations sur les différents chapitres, le processus d'examen analytique (« screening ») fournira une analyse approfondie des réglementations de l'UE auxquelles l'Islande doit se conformer
(« l'acquis »). Le « screening » se déroulera entre novembre 2010 et le printemps 2011. (L.C.)

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