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Bulletin Quotidien Europe N° 10187
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

L'UE plaide à l'ONU en faveur d'un surcroît d'efforts dans les pourparlers israélo-palestiniens - Mme Ashton présentera lundi des « options » pour un « mécanisme » régissant l'accès à Gaza

Bruxelles, 23/07/2010 (Agence Europe) - Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, présentera, lundi 26 juillet, des options au Conseil des ministres de l'Union européenne pour la mise en place d'un « mécanisme qui permettrait un accès libre et régulier à Gaza, à l'exception d'une liste de produits interdits », a indiqué mercredi 21 juillet le chef (par intérim) de la délégation européenne auprès de l'ONU, Pedro Serrano, lors d'un débat au sein du Conseil de sécurité, réuni au niveau des ambassadeurs.

Au cours de cette réunion, périodique d'examen de la situation au Proche-Orient, M. Serrano a rappelé le soutien européen aux efforts de l'envoyé américain, George Mitchell, et formé l'espoir que les discussions en cours, indirectes durant cette phase, entre Israéliens et Palestiniens, aboutissent, « dans un délai de 24 mois à un accord qui donnera lieu à la création d'un État palestinien indépendant, démocratique et viable vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël et ses voisins », rapporte le service de presse de l'ONU. Cette échéance a été fixée en mars dernier par le Quartette.

Pour le délégué européen, « les discussions de fond doivent commencer au plus tôt » sur base des « résolutions du Conseil de sécurité, des principes de (la conférence internationale de) Madrid (d'octobre 1991), y compris celui de l'échange de la paix contre la terre, de la Feuille de route, des accords conclus précédemment par les parties et de l'Initiative de paix arabe ». Les débats ont, selon la même source, donné le sentiment que ces pourparlers indirects, lancés il y a quelques semaines, et l'annonce par Israël d'un allègement du blocus de Gaza, ont permis d'enregistrer des « progrès ». Le délégué palestinien, Riyad Mansour, a contesté ce point de vue, niant l'existence de progrès ou d'améliorations sur le terrain. « Au contraire, la situation reste précaire et c'est pourquoi il faut prendre immédiatement des mesures pour redresser la situation, faute de quoi l'occasion de parvenir à la paix sera perdue ». L'alternative, a-t-il affirmé, est de « laisser les tensions s'exacerber et d'encourager un nouveau cycle de violence (...) et (cela) menacera plus encore les possibilités de parvenir à une solution pacifique et durable ». En revanche, pour sa collègue israélienne, Gabriela Shalev, le temps serait venu de passer « sans tarder » aux négociations directes. « Nos partenaires et nos voisins ont un rôle essentiel à jouer sur cette voie et ne doivent pas écouter une seule version de l'histoire », a-t-elle souligné. Concernant le « blocus de Gaza », Mme Shalev a fait valoir que les mesures prises par son gouvernement autorisent désormais l'entrée de tout bien autre que des armes. Elle a aussi expliqué que, pour arriver à un règlement durable du conflit, il faut parvenir à une reconnaissance mutuelle. La reconnaissance d'un État palestinien en tant qu'État nation pour le peuple palestinien exige également la reconnaissance de l'État d'Israël en tant qu'État nation du peuple juif, a-t-elle rappelé.

L'avis général, relayé par le service de presse de l'ONU, est cependant que, s'il y a des progrès, ils demeurent « insuffisants ». Les « deux parties (sont) accusées de continuer à agir en violation du droit international ». C'est, surtout, « l'implantation de colonies de peuplement par Israël, en particulier à Jérusalem-Est » qui a été dénoncée comme étant « incompatible avec l'établissement de la confiance entre les parties, voire comme une provocation ». Toujours selon le service de presse, « plusieurs représentants de pays européens ont fait remarquer que la crise provoquée par l'assaut israélien contre la flottille humanitaire (...) avait démontré que le blocus était non seulement cruel, mais aussi intenable et contre-productif ». Le chef de la délégation européenne a souhaité que « le volume des importations puisse augmenter encore, mais aussi que les mesures soient prises pour faciliter les exportations, les mouvements de personnes et la sécurité ». Le représentant britannique, Mark L. Grant, a notamment « déploré l'expiration du moratoire » sur les colonies qui « met en lumière la nécessité de trouver une solution à long terme, avec un État palestinien viable et indépendant ». Il a demandé à Israël « l'extension du moratoire pour une durée indéterminée et de s'abstenir de toute mesure de provocation comme l'annonce la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie ». De leur côté, les Palestiniens et les États arabes, a-t-il souligné, « ne doivent pas ignorer leurs responsabilités et être prêts à prendre des décisions audacieuses ». Son homologue français, Gérard Araud, a rappelé que la France souhaitait la pleine mise en œuvre de la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 1er juin 2010 concernant « la mise en place d'une enquête prompte, crédible, indépendante et conforme aux normes internationales sur l'assaut contre la flottille humanitaire pour Gaza ». Il a également souhaité que les efforts des différents acteurs -Turquie, Israël et le secrétaire général des Nations unies - permettent de créer cette commission d'enquête. M. Serrano a rappelé que l'UE avait demandé une « enquête prompte, complète et impartiale » sur l'attaque israélienne contre la flottille. (F.B.)

 

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