Bruxelles, 23/07/2010 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE tenteront, lundi 26 juillet, de tirer des conclusions positives et constructives de l'avis de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la conformité de la déclaration d'indépendance du Kosovo tout en respectant la position des cinq pays membres (Espagne, Chypre, Grèce, Roumanie, Slovaquie) qui refusent de reconnaître ce nouvel État autoproclamé en 2008. Les ministres auront un débat au Conseil Affaires étrangères (voir autre nouvelle) mais il n'est à ce stade pas prévu qu'ils adoptent des conclusions écrites, ont expliqué vendredi des diplomates. Reconnaître ou ne pas reconnaître des États est une compétence qui « appartient aux États membres », a rappelé vendredi une source proche de Catherine Ashton. Le fait que l'UE ne soit pas unanime sur le statut du Kosovo ne l'empêche pas de « parler avec une seule voix » quand il s'agit de décisions importantes pour l'avenir des Kosovars, comme l'envoi de la mission de l'État de droit (EULEX) ou l'octroi d'une perspective d'adhésion au Kosovo, a dit cette source. Immédiatement après la publication de l'avis de la CIJ le 22 juillet, Mme Ashton avait déjà donné le ton en faisant abstraction de l'absence de position commune sur le statut. L'avis de la Cour « ouvre une nouvelle phase », « il faut maintenant se focaliser sur l'avenir », a estimé la Haute représentante dans une déclaration appuyée par tous les 27 pays membres de l'UE. L'avenir de la Serbie et du Kosovo est dans l'UE, a rappelé Mme Ashton, avant de souligner que « l'UE est fondée sur des relations de bon voisinage, la coopération régionale et le dialogue ». « L'UE est donc prête à faciliter le dialogue entre Pristina et Belgrade » en vue de promouvoir la coopération, avancer sur la voie de l'intégration européenne et améliorer la vie des gens, insiste Mme Ashton. L'essentiel est maintenant d'établir un « dialogue constructif » sur des problèmes pratiques d'intérêt commun visant à améliorer les conditions de vie de tous les habitants du Kosovo, quelle que soit leur appartenance ethnique, et à favoriser les perspectives d'intégration européenne des deux pays, a aussi estimé le président en exercice du Conseil Affaires générales, le Belge Steven Vanackere. (H.B.)