Bruxelles, 07/06/2010 (Agence Europe) - Dans un entretien au quotidien américain Wall Street Journal du 2 juin, Karel De Gucht exhorte les États-Unis à clarifier leurs revendications dans le cadre des négociations multilatérales du round de Doha, pour permettre un accord final. « Les Américains doivent dire ce qu'ils veulent », insiste le commissaire européen au Commerce. « C'est un accord que le gouvernement Bush a refusé. Comment peut-on s'attendre à ce qu'un gouvernement démocrate (…) conclut l'affaire ? », estime-t-il, en référence aux réticences au libre-échange plus répandues côté démocrate que républicain au Congrès. « Doha a besoin d'une relance, et c'est aux États-Unis de venir avec de nouvelles idées », ajoute-t-il.
Les États-Unis veulent-ils vraiment un accord ? Dans une note du 20 mai adressée à ses collègues du collège des commissaires au retour de son voyage aux États-Unis du 10 au 12 mai, M. De Gucht semble douter que les États-Unis soient réellement intéressés par un accord à ce stade. « Les membres du Congrès et diverses organisations professionnelles ont confirmé qu'ils ne considèrent pas le paquet actuellement sur la table à Genève comme significatif sur le plan économique. L'administration américaine cherche le soutien de l'UE pour introduire des 'changements importants' dans ce paquet - ce qui indique que l'engagement du G-20 de conclure le round de Doha cette année risque d'être hors d'atteinte », indique-t-il. D'une rencontre avec son homologue américain Ron Kirk, le commissaire au Commerce conclut que les États-Unis « jugent le paquet actuel ni suffisant, ni assez équilibré ». Des entretiens au Sénat et à la Chambre des représentants (Congrès), ainsi qu'avec des représentants du milieu américain des affaires ont également confirmé à M. De Gucht qu'il n'y a « pas de soutien pour une conclusion du round de Doha sur la base du paquet actuel », comme il est « peu probable » que les accords de libre-échange bilatéraux envisagés par les États-Unis « soient soumis au Congrès et conclus dans un futur proche ». (E.H.)