Bruxelles, 01/03/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a donné son feu vert, vendredi 26 février, à certaines conditions toutefois, aux aides publiques accordées par la France, la Belgique et le Luxembourg en vue de la restructuration de la banque Dexia. « Le plan de restructuration de Dexia est conforme aux orientations de la Commission et conduira Dexia, au terme de la période de restructuration, à se recentrer sur son cœur d'activité et à rétablir sa viabilité à long terme, notamment grâce à des ressources financières plus stables », a commenté le commissaire chargé de la Concurrence, Joaquín Almunia.
La banque franco-belge Dexia, qui avait frôlé la faillite à l'automne 2008, a annoncé début février qu'elle va réduire son bilan de 35% dans le cadre d'une restructuration exigée par la Commission européenne pour compenser les aides publiques lui ayant permis de survivre à la crise. Pour satisfaire aux exigences de la Commission, Dexia va notamment se séparer d'activités de financement de collectivités en Italie (Crediop), en Espagne (Sabadell) et en Slovaquie, ainsi que d'assurances en Turquie. En outre, Dexia devra améliorer la stabilité, la qualité et la maturité de ses sources de financement en respectant un certain nombre de ratios qui feront l'objet d'un suivi semestriel de la part de la Commission. Dexia apportera également une contribution propre suffisante aux coûts de restructuration en suspendant, jusque fin 2011, le paiement de ses dividendes en numéraire sur actions et de ses coupons discrétionnaires sur instruments constitutifs de fonds propres.
La Commission exige que toutes les banques européennes soutenues par les pouvoirs publics pendant la crise se restructurent afin de garantir qu'elles n'auront pas besoin d'aides supplémentaires à l'avenir. C'est bien le cas de Dexia, qui n'a survécu à la crise financière que parce que les États français, belge et luxembourgeois ont procédé à une injection de 6,4 milliards d'euros et garanti sa dette à hauteur de 150 milliards d'euros, un montant depuis ramené à 100 milliards. (L.C.)