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Bulletin Quotidien Europe N° 10072
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/agriculture

Séminaire sur le bien-être des animaux

Bruxelles, 05/02/2010 (Agence Europe) - Un séminaire sur le thème « Le bien-être des animaux est-il égal au bien-être des humains ? » a eu lieu jeudi 4 février au Parlement européen sous la présidence de Marit Paulsen (ADLE, suédoise) vice-présidente de la commission de l'Agriculture et rapporteur sur l'évaluation du Plan d'action pour le bien-être animal 2006-2010. À ses côtés, Paola Testori-Coggi, directrice générale adjointe de la direction générale à la Santé et à la Protection des Consommateurs (DG SANCO) de la Commission européenne, Ivar Vagsholm, professeur de sécurité alimentaire microbienne à l'université des sciences agricoles de Suède et Meurig Raymond, vice-président de l'Union nationale des fermiers d'Angleterre et du Pays de Galles.

Paola Testori-Coggi a affirmé que l'année 2010 était un « exercice d'évaluation servant à préparer un nouveau plan d'action pour l'année prochaine ». Elle a insisté sur le fait que nous sommes dans un marché intégré au niveau européen et que donc « nous voulons nous assurer qu'il n'y a pas de différence ». Et d'ajouter que « nous sommes un modèle au niveau mondial mais nous devons nous améliorer » car il faut que l'UE se dote d'une agriculture plus durable au niveau économique. Elle juge que l'Europe ne s'applique pas assez à mettre en œuvre la législation. Elle rappelle qu'un article stipule que les animaux sont reconnus, au même titre que les humains, comme des « êtres qui ressentent ». Marit Paulsen a appuyé ses propos en affirmant qu' « au fond, nous sommes tous des animaux ».

Ivar Vagsholm s'est attaché à parler du problème de la résistance aux antibiotiques chez les humains et les animaux. La résistance à ce type de médicaments constitue une « menace émergente pour la santé publique et celle des animaux », a-t-il estimé. Prescrire trop d'antibiotiques entraîne une résistance de plus en plus importante à ces derniers et engendre l'utilisation de certaines drogues pour palier l'absence d'effets des antibiotiques. Ce type de médicaments sont utilisés chez les animaux pour augmenter la production, ce qui entraîne une baisse des bonnes pratiques agricoles ainsi que de la biosécurité. Et d'insister: « Les antibiotiques ne devraient pas être un substitut à une gestion saine de l'agriculture ni aux conditions de bien-être ». Le Suèdois a préconisé une production animale vierge de tout antibiotique. Il a illustré son argumentation avec l'exemple de la production norvégienne de saumon. En 1985, 40 tonnes d'antibiotiques étaient utilisées pour 29 473 tonnes de saumon produites. Aujourd'hui, 300 kilos d'antibiotiques sont utilisés pour 744 220 tonnes de saumon produits. Cela correspond donc à une réduction d'antibiotiques de 99% et à une augmentation par 25 de la production. Le professeur souhaite qu'au lieu d'utiliser les antibiotiques, on utilise les cerveaux ! Cela signifie réfléchir sur l'utilisation à bon escient des vaccins, à la manière dont on régule la production. Meurig Raymond a expliqué que les consommateurs, à l'heure actuelle, demandent de plus en plus de traçabilité et de garanties concernant les produits qu'ils mangent. Selon un sondage, 80% des personnes interrogées estiment que l'étiquetage est très important, en particulier pour la viande et la volaille.

Un débat a suivi au cours duquel Per Olsen, du COPA-COGECA, a jugé nécessaire d'avoir « une concurrence loyale en termes de bien-être animal », tandis que Andrea Gavinelli, à la tête de l'unité de bien-être animal à la DG SANCO, a estimé que « légiférer n'est pas la seule solution car la gestion du risque l'est tout autant ». Prévention et gestion, voilà, selon lui, les enjeux à relever pour assurer le bien-être des animaux et, plus largement, une agriculture saine. (V.L.B)

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