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Bulletin Quotidien Europe N° 10062
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/euromed

Naissance d'ARLEM, l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne

Barcelone, 22/01/2010 (Agence Europe) - Les autorités régionales et locales de l'espace euroméditerranéen ont procédé, jeudi 21 janvier à Barcelone, à la mise en place de leur assemblée commune en présence du commissaire européen à la politique régionale, Pawe³ Samecki, du secrétaire d'État espagnol aux Relations extérieures, Ángel Lossada Torres-Quevedo représentant la Présidence de l'UE et du représentant de la co-présidence - égyptienne - de l'Union pour la Méditerranée (UpM), Hamdi Sanad Loza, assistant du ministre des Affaires européennes. ARLEM, l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne, a été aussitôt dotée de deux co-présidents: Luc Van den Brande, président du Comité des Régions européen (CdR), et Mohamed Boudra, maire d'Al Hoceima (Maroc). Un bureau composé du Wali (gouverneur) d'Alger, Mohamed Kebir Addou, Ivan Jakovcic, gouverneur de la région d'Istrie (Croatie), Michel Delebarre, maire de Dunkerque (France), Michel Vauzelles, président de la région française de Provence-Alpes-Côte d'Azur, du maire d'Uszaka (Hongrie) et du maire de Greater Tafilah (Jordanie).

Le CdR se félicite d'avoir ainsi abouti, au terme d'une longue mobilisation, à créer cette structure pour en faire une institution commune accolée au secrétariat général de l'UpM au même titre que l'Assemblée parlementaire APEM. « ARLEM naît aujourd'hui comme structure autonome, mais elle a pour but de servir l'UpM. C'est pourquoi, nous demandons que dès que l'UpM aura finalisé sa structure interne et son organisation, nous puissions contribuer à ses travaux comme observateur, et ce dès le sommet de Barcelone en juin 2010 », a déclaré M. Van den Brande. Les collectivités locales et régionales réclament ainsi de contribuer de façon structurée à la conception et à la mise en œuvre de projets euroméditerranéens dont plusieurs devraient avoir un impact sur la vie locale. Le co-président marocain a eu la tâche de présenter le programme de travail pour l'année à venir axé sur le développement urbain et territorial, la décentralisation, la société de l'information et le soutien aux petites et moyennes entreprises. (Le programme de travail et les conclusions de l'assemblée inaugurale sont disponibles sur le site web du CdR). M. Boudra a souligné qu'il existe une
« abondance d'initiatives bilatérales en faveur du développement, mais celles-ci pâtissent d'un manque de coordination (...) Nous sommes convaincus que, pour être durables, les stratégies nationales de l'un et l'autre coté de la Méditerranée doivent se renforcer de la participation des autorités locales et régionales dans la définition et la mise en œuvre des stratégies de coopération ».

Le CdR entend convaincre de la nécessité d'une rupture avec le passé: « Notre conviction est que l'UpM ne doit pas tomber dans le piège du processus de Barcelone, en se limitant à la diplomatie classique. De ce constat nous offrons l'apport de notre engagement sur le terrain, orienté vers la réalisation de projets concrets (..) La structure à donner à l'ARLEM est celle d'un organe orienté vers le terrain qui peut fonctionner indépendamment de la réalité politique internationale », a expliqué le président du CdR. Il n'empêche, la réalité politique a émergé lors de la désignation des membres du bureau par le rejet de la candidature du maire d'Haïfa. Yahav Yona a tenu à faire savoir publiquement en séance sa désapprobation. Dans le groupe arabe, l'Égypte s'est confrontée au Maroc et aux Maghrébins en général qui ont contesté l'accaparement du processus euroméditerranéen au détriment de leur sous-région.

Les débats, qui ont mis en avant la volonté d'orienter l'UpM vers une implication plus forte des autorités locales et régionales dans les processus de décision euroméditerranéens, n'ont cependant pas donné une indication claire sur la voie à suivre: une approche intergouvernementale comme cela semble tranché par les co-présidents de l'UpM et la présidence semestrielle (espagnole) de l'UE ou une approche plus institutionnelle intégrant les actions déjà menées au sein des structures communautaires (au titre de la politique de voisinage, TAEX, programme CIUDAD pour la coopération décentralisée entre villes, coopérations transfrontalières). Il ressort clairement de différentes interventions une défiance vis-à-vis de la Commission européenne qui n'aurait jamais concédé dans le passé un « partage des responsabilités ». M. Van den Brande a fait valoir, lors de la conférence de presse finale, que la Traité de Lisbonne donnera à l'institution des régions qu'il préside un poids accru et des capacités budgétaires. Le traité impose « l'obligation de nous consulter », en particulier sur tout ce qui touche à l'environnement et l'énergie, a-t-il dit. (F.B.)

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