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Bulletin Quotidien Europe N° 10032
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/Égypte

Audition du ministre des Affaires étrangères

Bruxelles, 02/12/2009 (Agence Europe) - Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit, reçu mardi en audition par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen et la délégation parlementaire pour les relations avec le Mashrek, a fait le point aussi bien sur le processus de paix au Proche-Orient que sur les récentes évolutions au sein de l'Union pour la Méditerranée (UpM). Après un exposé très bref, la parole a été cédée aux eurodéputés qui ont posé de nombreuses questions sur les relations avec Israël et avec les Palestiniens et plus généralement sur l'UpM, l'Iran et l'Afghanistan.

Raimon Obiols (S&D, espagnol), réagissant aux assurances données sur l'UpM par M. Aboul Gheit, a estimé que les structures envisagées semblent « vulnérables » et il a appelé à « bien définir les liens » entre le processus de Barcelone et celui que certains orateurs invitent à ne plus appeler processus de paix, compte tenu du blocage général et des faibles perspectives de paix. Le ministre s'est voulu rassurant et a affirmé, que suite à une rencontre dimanche dernier à Paris avec MM. Kouchner et Moratinos, la décision a été prise d'accélérer la mise en place du secrétariat. « Comme d'habitude, les décisions se prennent en petit comité », a murmuré à notre intention un diplomate arabe présent à l'audience, laissant entendre que la décision sur l'adoption des statuts de l'UpM et la désignation d'un secrétaire général pourrait être reportée à janvier et non prise le 14 décembre comme actuellement envisagé.

Hans-Gert Pöttering (PPE, allemand), ancien président du Parlement européen, estime que pour sortir du blocage dans le conflit israélo-arabe, le temps est venu pour l'ONU de s'en occuper mais, a-t-il ajouté, « nous ne permettons pas que la sécurité d'Israël soit mise en cause ». Le ministre a été également interrogé sur les efforts menés par son pays pour la réconciliation inter-palestinienne et il ne semble pas perdre espoir d'y parvenir, même si la situation sur le terrain paraît bloquée avec le risque d'entrer dans une phase « d'illégitimité » de l'autorité palestinienne. Il a par ailleurs critiqué Israël pour ses atermoiements dans les négociations sur les échanges de prisonniers dont il espère un début d'apaisement dans les rapports avec Hamas.

À propos du récent référendum suisse contre les minarets, le ministre a estimé que ses résultats constituent un « camouflet » pour la communauté musulmane suisse et ailleurs et montre que la société suisse n'est pas « ouverte », ce qu'il regrette à l'heure où se multiplient les discours sur le dialogue des civilisations et des cultures.

Un autre diplomate arabe a regretté que le premier ministre arabe des Affaires étrangères venu à Bruxelles depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne n'ait pas cru bon de présenter ses félicitations au nom de la communauté arabe. (F.B.)

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