Bruxelles, 02/12/2009 (Agence Europe) - Pour l'Eurogroupe et le Fonds monétaire international (FMI), l'euro reste surévalué par rapport aux autres grandes monnaies, dollar US et yuan chinois en tête. Cette convergence de vues a été soulignée, mardi 1er décembre, par Jean-Claude Juncker qui s'exprimait à l'issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à laquelle participait le représentant du FMI et ancien Premier ministre polonais, Marek Belka. « Nous sommes d'accord avec lui lorsqu'il dit que l'euro est surévalué et qu'un certain nombre d'ajustements sont souhaitables », a déclaré le président de l'Eurogroupe, tout juste de retour d'un voyage en Chine le week-end dernier. De son périple, M. Juncker retient bien entendu les réticences des autorités du pays à répondre aux attentes des responsables de la zone euro concernant la politique de change du yuan. Il précise toutefois: « Nous avons expliqué à nos amis chinois que nous ne souhaitons pas un changement abrupt, dramatique dans la conduite de la politique monétaire chinoise, mais que nous souhaiterions une appréciation ordonnée et graduelle du yuan par rapport à l'euro ». Il semble en effet « anormal » qu'une économie en forte progression comme la Chine (qui connaîtra une croissance de l'ordre de 8% du PIB) dévalue le cours de sa devise par rapport à celle d'une zone monétaire dont les performances de croissance sont moindres. Selon lui, une appréciation du renminbi par rapport à l'euro est souhaitable pour réduire les déséquilibres globaux, dans l'intérêt de l'Europe, mais aussi dans celui du peuple chinois, qui verrait son pouvoir d'achat augmenter. « Nos amis chinois ne le voient pas de la même façon. Ce ne fut pas pour nous une surprise ». De sorte que « nous rentrons de Chine non pas rassurés sur des changements immédiats (…) mais sur le fait de nous avoir bien fait comprendre », se console-t-il. (A.B.)