Bruxelles, 09/11/2009 (Agence Europe) - En marge des festivités pour le 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin (voir autre nouvelle), les chefs d'État et de gouvernement des 27 pays membres de l'UE devaient se réunir lundi soir 9 novembre pour un dîner informel - probablement décisif - sur la désignation des deux personnalités qui occuperont les deux nouveaux postes clés prévus par le Traité de Lisbonne qui entrera en vigueur le 1er décembre prochain (la date est confirmée car le Premier ministre tchèque Jan Fischer déposera les instruments de ratification le 13 novembre à Rome). En cas de pré-accord lundi soir à Berlin, le Premier ministre suédois et actuel président du Conseil européen, Fredrik Reinfeldt, devrait rapidement convoquer un Conseil européen extraordinaire (la date du 18 novembre est désormais évoquée) pour formaliser les deux nominations ainsi que pour finaliser la liste des candidats-commissaires de la future Commission Barroso II.
Lundi après-midi, le Premier ministre belge Herman Van Rompuy faisait plus que jamais figure de favori pour devenir le premier président stable du Conseil européen même si le Néerlandais Jan Peter Balkenende, la Lettone Vaira Vike-Freiberga, le Finlandais Paavo Lipponen et l'Autrichien Wolfgang Schüssel étaient toujours cités comme des alternatives envisageables. Même Tony Blair, toujours appuyé par Gordon Brown mais contesté par plusieurs pays membres (notamment les trois du Benelux), aurait passé une partie du week-end à appeler des dirigeants européens pour plaider sa cause. Le sort de M. Van Rompuy dépendra sans doute de Londres qui, à défaut de voir M. Blair présider le Conseil européen, avait jusqu'ici toutes les raisons d'espérer que David Miliband pourrait devenir le Haut Représentant (HR) pour les Affaires étrangères et de Sécurité et, en même temps, vice-président de la Commission. L'actuel ministre britannique des Affaires étrangères semblait d'ailleurs faire l'unanimité pour ce poste réclamé par les socialistes européens (une source du Parti socialiste européen nous a confié lundi qu'un « accord informel » a été conclu avec le Parti populaire européen sur la répartition des deux postes: le président stable pour le PPE, le HR pour les socialistes).
Mais, revirement de la situation dimanche 8 novembre quand M. Miliband a informé le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, de sa décision définitive de ne pas briguer le poste et de rester à Londres (sans aucun doute pour mener les travaillistes britanniques vers les élections législatives de 2010). Des sources diplomatiques britanniques ont confirmé la nouvelle, soulignant que M. Miliband « a toujours dit qu'il n'était pas disponible » pour cette fonction. Du coup, le nom de Peter Mandelson, ancien commissaire européen au Commerce et actuellement secrétaire d'État à l'Entreprise, a été cité lundi dans la presse comme une possible alternative britannique à M. Miliband. Le retrait de M. Miliband pourrait aussi bénéficier à l'Italien Massimo d'Alema qui est d'ailleurs devenu le choix préféré d'une partie du PSE (dont notamment le chef du groupe au Parlement européen, Martin Schulz). Les chances de voir l'ancien Premier ministre italien et ministre des Affaires étrangères devenir le chef de la diplomatie européenne seront « excellentes » si M. Miliband se retire de la course, a aussi estimé lundi le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini. Le passé communiste de M. d'Alema pourrait cependant poser un problème pour les pays d'Europe centrale et orientale. La presse autrichienne, pour sa part, estime que l'ancien chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer (un social-démocrate), pourrait également faire l'affaire. (H.B.)