Bruxelles, 09/11/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié, lundi 9 novembre, les résultats de son troisième Eurobaromètre sur la manière dont les citoyens perçoivent les discriminations dans l'Union européenne. Cette enquête a été réalisée du 29 mai au 15 juin 2009 auprès d'un échantillon de 26.756 personnes dans 30 pays européens: les 27 États membres de l'UE plus la Turquie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) et la Croatie. Comme les deux précédents sondages, conduits le premier en 2007 et le second en 2008, l'Eurobaromètre 2009 précède le Sommet européen de l'Égalité des chances qui se déroulera à Stockholm sur le thème « la coopération pour l'égalité », les 16 et 17 novembre, en présence des autorités nationales, des syndicats, des employeurs et des médias pour faire le point de l'année écoulée dans ce domaine. À la lecture de ce sondage 2009, une conclusion s'impose, selon une experte de la Commission: « Vous avez des droits. La discrimination est illégale. La diversité est une richesse. Il ne faut pas bloquer la population. Le but est de convaincre la population que la société est diverse ». Les principaux enseignements que l'on peut tirer de ce sondage 2009, par rapport aux résultats des deux enquêtes précédentes, sont les suivants:
(1) Formes de discriminations les plus mentionnées: 61% des personnes interrogées citent la discrimination sur base d'origine ethnique comme étant la plus mentionnée, suivie de la discrimination fondée sur l'âge (58% en 2009 contre 42% en 2008) et sur le handicap (53% contre 45%). Dans l'ensemble, 16% des Européens déclarent avoir été victimes d'une discrimination en 2009 du fait de leur race, religion, âge, handicap, genre ou orientation sexuelle. La perception d'une discrimination sur base de l'orientation sexuelle a quelque peu chuté de - 4 points de pourcentage par rapport à 2008 et de la religion de -3 points de pourcentage.
(2) Les citoyens sont-ils au courant de leurs droits ou non ? 1/3 des citoyens européens connaissent leurs droits en cas de discriminations ou de harcèlement. Il y a toutefois des différences notables entre pays de l'UE: ainsi, en Finlande, 63% des citoyens connaissent leurs droits. Par rapport à 2008, le niveau de connaissance a toutefois quelque peu progressé, selon la Commission qui cite le Royaume-Uni (+ 8 points de pourcentage), la France (+7 points), l'Irlande et la Suède (6 points pour chacun), mais il a reculé en Pologne (-12 points) et au Portugal (-11 points). En matière d'orientation sexuelle, l'experte de la DG Emploi, Affaires sociales et Égalité des chances a rappelé qu'« on ne peut parler d'orientation sexuelle de la même façon aux Pays-Bas qu'en Lituanie ! » et qu'il est important de « sensibiliser les États membres à lutter contre les stéréotypes, et cela très tôt, dès l'école, et les gens à connaître leurs droits ».
(3) Le lien avec la crise économique: le lien avec la situation économique actuelle est clair pour 64% des citoyens interrogés qui estiment que la récession conduira à une intensification des discriminations liées à l'âge sur le marché de l'emploi, pour 57% à celle liée à l'origine ethnique et 56% au handicap. La Commission constate que la plus grande crainte des gens est que la crise économique ait des répercussions sur le marché de l'emploi pour les jeunes et pour les seniors actifs.
(4) Où porter plainte lorsqu'on se sent discriminé ? La grande majorité des Européens, soit 55%, se rendraient d'abord à la police, 35% d'entre eux s'adresseraient à l'agence pour l'égalité de leur pays et 27% à un syndicat. La Commission constate ici que la confiance qu'inspirent les divers organismes intervenant dans la lutte contre les discriminations varie fortement d'un pays à l'autre.
(5) Les facteurs qui influencent les réponses des citoyens: la diversité du cercle social, un niveau élevé d'éducation ou le fait d'appartenir à un groupe minoritaire rendent les gens beaucoup plus sensibles aux questions de discrimination. Pour ce qui est du jugement sur la diversité dans les médias, 69% des citoyens estiment que la discrimination au motif du handicap n'est pas assez représentée dans les médias, lesquels sont « une forme de business ».
(6) Les perspectives pour une action forte au niveau européen: pour parvenir à une plus grande sensibilisation de la population sur ce sujet, la Commission doit tabler sur deux points: (1) la législation: elle doit convaincre les autorités nationales de se conformer aux directives européennes et s'assurer que lesdites législations sont appliquées, avec éventuellement, venant en appui une directive complémentaire à la directive existante comme ce fut le cas pour la question très sensible de la discrimination sur base d'origine ethnique. Le Parlement européen a apporté à la Commission son soutien total au printemps 2009, au Conseil les négociations sont plus difficiles et la Commission doit rendre prochainement un rapport de progrès en la matière. La Commission dit espérer qu'un accord à l'unanimité aboutira sous Présidence espagnole de l'UE ; (2) il faut donc du temps et des efforts conjoints aux niveaux européen et national, notamment de la part des intervenants majeurs tels que les agences nationales pour l'égalité. La Commission agit dans ce domaine au moyen de la campagne d'information paneuropéenne intitulée « Pour la diversité. Contre les discriminations » et en cofinançant des projets nationaux au titre du programme Progress. La Commission contribue dans ce cadre aux campagnes nationales (surtout des pays qui s'en sortent moins bien) à hauteur de 5,6 millions d'euros pour 35 projets dans l'UE. (G.B.)