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Bulletin Quotidien Europe N° 10014
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/onu/climat

L'UE déçue par la conférence de Barcelone continue à vouloir un accord juridiquement contraignant à Copenhague

Bruxelles, 06/11/2009 (Agence Europe) - La déception de l'UE était grande, vendredi 6 novembre à Barcelone, à l'issue de l'ultime session de négociations climatiques préparatoires à Copenhague (COP 15, 7-18 décembre). Cette session d'experts a vu tous les protagonistes camper sur leur position et les pays en développement menacer de sortir des négociations si l'accord sur l'après-2012 enterre le Protocole de Kyoto et si les pays riches ne s'engagent pas sur des objectifs de réduction beaucoup plus ambitieux et sur un transfert de technologie et une aide financière substantiels en leur faveur. Bien que, de l'avis de tous, l'on s'achemine désormais vers l'adoption à Copenhague d'une simple déclaration, politiquement contraignante à défaut de l'être juridiquement, la troïka de l'Union européenne a affirmé, le 6 novembre à Barcelone, qu'un accord juridiquement contraignant est à la fois possible et constitue une nécessité absolue.

Pour Anders Turesson, négociateur en chef de la Présidence suédoise, la communauté internationale n'a pas le choix. « L'objectif à long terme est fondamental car l'on va réorienter le développement des pays riches et des pays en développement vers un avenir sobre en carbone. Copenhague sera une étape très importante vers cet objectif ultime. Il nous faut un accord ambitieux visant l'objectif de 2 degrés Celsius, un accord global qui embrasse tous les secteurs nécessaires ». Seule une solution multilatérale intégrant tous les pays pourra permettre de s'attaquer efficacement au problème global du réchauffement.

« Un tel accord est plus important que jamais. Copenhague est une fenêtre d'opportunités à saisir », a-t-il martelé. Et de rappeler que certains pays industrialisés, comme les États-Unis, n'ont pas mis d'offre sur la table ou bien se sont contentés d'offres insuffisamment ambitieuses, mais que les pays en développement aussi doivent faire état des efforts auxquels ils sont prêts. Tout l'enjeu désormais, c'est de parvenir à « un accord concret - sinon on ne comprendra pas les engagements qui seront pris - un accord équilibré mais global ».

« Il faut être deux pour danser le tango », a renchéri Artur Runge-Metzger, le négociateur en chef de la Commission européenne. « Les pays en développement demandent aux pays industrialisés une réduction de leurs émissions de 40% ou plus, mais l'important est de savoir ce que les pays en développement sont prêts à faire », a-t-il déclaré en citant l'Indonésie qui « a donné le bon exemple ». Comment rassurer les pays en développement qui ont averti que sans Kyoto, il n'y aura pas d'accord à Copenhague ? L'UE a réitéré sa nette préférence pour un cadre légal unique reprenant tous les éléments essentiels du Protocole de Kyoto ; sinon, avec des méthodes de calcul différentes, il sera difficile d'avoir un marché mondial du carbone, a répondu le négociateur de la Commission.

Si l'UE reconnaît que les États-Unis ont rejoint le processus tardivement et a de la compréhension pour les difficultés politiques internes du président Barack Obama, « il nous faut un chiffre concret des États-Unis, un chiffre juridiquement contraignant ». Pour lever les doutes des pays en développement quant aux engagements des pays industrialisés, l'UE est en bonne position car « elle est en voie de respecter ses objectifs pour la première période d'engagements du protocole de Kyoto », et elle est prête à une réduction de 30% de ses émissions si les autres pays industrialisés prennent des engagements comparables, a ajouté M. Runge-Metzger. La comparabilité ne tient pas en une formule magique. Elle prendra en compte le soutien technologique et l'appui financier aux pays en développement, a ajouté M. Turesson.

Au nom de la future Présidence espagnole, Alicia Montalvo, a reconnu que les discussions avaient été dures au niveau technique, mais « fructueuses car elles pourront servir de base à Copenhague ». Selon elle, « l'UE est aux avant-postes et veut un accord ambitieux et contraignant à Copenhague ». (A.N.)

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