Bruxelles, 17/09/2009 (Agence Europe) - Selon un rapport présenté mercredi 16 septembre par la Commission européenne, et fondé sur les travaux du réseau Eurydice, les élèves européens passent en moyenne trois tests nationaux au cours de leur scolarité obligatoire, voire jusqu'à dix ou onze tests dans certains pays. Les tests nationaux réguliers sont aujourd'hui largement reconnus en Europe en tant qu'instruments permettant de contribuer à la politique et aux pratiques en matière d'éducation et d'assurer l'orientation scolaire des élèves.
Intitulé « Les évaluations standardisées des élèves en Europe: objectifs, organisation et utilisation des résultats », le rapport de la Commission donne une vue d'ensemble des caractéristiques et des tendances européennes en matière d'objectifs, de fréquence et de portée des tests nationaux relevant de la scolarité obligatoire. Il analyse également la façon dont les résultats des tests sont exploités dans les trente pays concernés (États membres de l'UE, Islande, Liechtenstein et Norvège). « Pour concevoir des politiques d'éducation fructueuses et ciblées, il est indispensable de disposer d'informations fiables sur le niveau des élèves », note Ján Figel, commissaire à l'Éducation, à la Formation, à la Culture et à la Jeunesse, tout en soulignant les limites de ces tests nationaux qui « ne constituent à mes yeux qu'un type d'évaluation des élèves parmi d'autres, qu'il est nécessaire d'équilibrer par rapport aux autres pratiques afin d'éviter une surcharge d'examens. Au lieu de se borner à attribuer des notes aux élèves, ces tests devraient avoir pour objectif de les aider à progresser ».
Le rapport comprend plusieurs messages clés: 1) les tests nationaux sont devenus une pratique régulière dans la plupart des pays européens: du fait des efforts qu'ils ont accomplis pour rendre leurs systèmes d'éducation plus efficaces, l'évaluation des résultats occupe une place de plus en plus importante. La majorité des pays européens ont instauré des évaluations nationales régulières assez récemment et cette pratique s'est rapidement répandue au cours de la présente décennie. Durant l'année scolaire 2008/2009, seuls la communauté germanophone de Belgique, la République tchèque, la Grèce, le Pays de Galles et le Liechtenstein n'ont organisé aucun test national dans le cadre de la scolarité obligatoire. Les tests nationaux ont plusieurs objectifs: ils servent le plus souvent soit à certifier le niveau de chaque élève, soit à permettre le suivi des établissements scolaires ou de l'ensemble du système éducatif. Dans un plus petit nombre de pays, ils sont organisés en vue de déterminer les besoins individuels des élèves en matière d'apprentissage et de leur apporter ainsi le soutien nécessaire. 2) La fréquence et la portée des tests nationaux varient d'un pays à l'autre: les pays européens prévoient en moyenne trois tests nationaux pendant la scolarité obligatoire. Ils sont en grande majorité obligatoires pour tous les élèves d'une tranche d'âge donnée, et lorsqu'il s'agit de tests facultatifs, il n'est pas rare que presque tous les élèves s'y présentent. Certains pays évaluent cependant les élèves à une fréquence bien supérieure. Ainsi, au Danemark, les élèves peuvent être amenés à passer jusqu'à onze tests nationaux durant leur scolarité obligatoire. Malte et l'Écosse ne sont pas loin derrière (jusqu'à dix); viennent ensuite l'Angleterre (jusqu'à sept) et la France (jusqu'à six). En revanche, six pays n'organisent qu'un seul test national dans le cadre de la scolarité obligatoire. Il est fréquent que les tests portent uniquement sur deux matières principales: la langue d'enseignement et les mathématiques. Les pays qui évaluent systématiquement une plus grande partie de leurs programmes d'enseignement respectifs ne représentent qu'une minorité. 3) Seuls quelques pays publient les résultats des tests de leurs établissements scolaires ou les prennent en compte dans l'évaluation des établissements: bien que les établissements obtiennent souvent une synthèse de leurs résultats qui peut ensuite être comparée à la moyenne nationale, les résultats des tests nationaux sont rarement publiés ou utilisés à des fins de responsabilisation dans les évaluations externes des établissements scolaires. Il incombe généralement aux établissements de déterminer la manière dont ces résultats sont exploités pour améliorer leur travail. De plus, la plupart des pays européens ne publient pas la synthèse des résultats de tests de chaque établissement scolaire. (I.L.)