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Bulletin Quotidien Europe N° 9848
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/euromed

La France plaide pour un effort budgétaire conséquent pour la Méditerranée

Bruxelles, 25/02/2009 (Agence Europe) - L'Union pour la Méditerranée est une « initiative politique (...) qui a fait porter une attention particulière au partenariat avec le Sud mais la réalité des chiffres n'est pas forcément celle évoquée », a indiqué mardi 24 février un porte-parole du ministère français des affaires étrangères commentant les résultats du Conseil de l'UE lundi à Bruxelles. L'UpM, a-t-il dit, a « remobilisé les énergies et, potentiellement, des moyens sur la relation avec le Sud. Mais en termes de financement, aujourd'hui, si on intègre l'ensemble des partenariats y compris ceux dans le cadre des pays candidats, il y a des financements beaucoup plus importants vers le partenariat oriental ». La France en fait une « préoccupation politique » et sa « priorité politique » est qu'il y ait «un équilibre en termes de financements». « Il ne faut pas que le partenariat oriental vienne se substituer à l'intérêt pour l'Union pour la Méditerranée, mais certains de nos partenaires considèrent qu'il ne faut pas que l'Union pour la Méditerranée vienne se faire au détriment de la perspective du partenariat oriental. Tout cela doit se faire de manière cohérente », a-t-il ajouté. « Mais encore une fois nous sommes prêts à en discuter, dans les instances compétentes et dans le respect des accords passés pour un certain équilibre. Nous n'avons pas d'objection à soutenir financièrement le renforcement des relations avec l'Est, si cela ne se fait pas aux dépens du Sud », ajoute un diplomate français à Bruxelles. La France se serait en fait livrée, lundi au « simple rappel d'un accord » lors du déjeuner entre ministres, précise-t-on de même source.

Selon des experts du budget, commentant la position française, le rappel a été qu'un consensus a été établi lors de la fixation des perspectives financières 2007-2013 sur la base du constat des « consommations » de crédits lors de l'exercice pluriannuel précédent (1999-2006) qui marque cette proportion des 2/3 pour le Sud et 1/3 pour l'Est. Cette répartition ressort aussi du décompte de pays (10 d'un côté, 6 de l'autre). La France demande ainsi à respecter cette clé de partage présentée comme naturelle, même si elle est loin d'être confirmée sur la base d'un calcul conforme à la démographie. Une répartition euro/habitant montrerait un franc déséquilibre en direct des pays de l'Est. L'équilibre des chiffres paraîtrait ainsi théorique comme aussi dans l'égalité de principe fixée dès le départ entre les 11,8 milliards pour la politique de voisinage et les 11,46 milliards consacrée aux pays couverts par le programme « pré-adhésions » dont seule la Turquie serait à distinguer en termes d'appui financier aux efforts d'ajustement requis. Les poids économiques de l'ex-Yougoslavie et de l'Albanie ne justifieraient pas l'invocation d'une égalité de traitement jugée théorique.

Rappelons que le débat sur le partenariat oriental, qui a démarré lundi (cfr. notre bulletin d'hier), risque d'être difficile. La participation de pays tiers (Russie, Turquie, etc.) sera décidée au cas par cas. Ce débat a lieu aussi au moment où la Commission prépare ses positions en vue d'une révision à mi-parcours des dotations pour 2007-2013 et dont elle devrait faire part au Conseil en avril prochain. (F.B.)

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