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Bulletin Quotidien Europe N° 9824
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/gaza

La consternation des ONG de défense des droits de l'Homme

Bruxelles, 22/01/2009 (Agence Europe) - De retour d'une mission dans la région (du 17 au 21 janvier), plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent les sérieuses violations par Israël du droit humanitaire international à Gaza. Certaines violations de la 4ème Convention de Genève sur la protection des populations civiles en temps de guerre et du droit coutumier relatif à la conduite des hostilités constituent des crimes, constatent la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) et la Commission internationale des juristes (CIJ).

Leur délégation de huit experts n'a pas pu se rendre à Gaza même, l'accès leur en ayant été interdit aussi bien par les autorités israéliennes qu'égyptiennes. Mais les informations collectées auprès de leurs organisations membres sur place et au travers de nombreuses rencontres avec des représentants israéliens, palestiniens et égyptiens sont sans appel, ont expliqué des membres de la mission lors d'une conférence de presse à Bruxelles, mercredi 21 janvier. Les opérations de l'armée israélienne, qui n'ont pas épargné les populations civiles (femmes et enfants) et les infrastructures civiles (hôpitaux, écoles) ou religieuses (mosquées), ne sauraient être justifiées par les attaques des combattants du Hamas, soulignent-ils notamment.

Fustigeant l'incapacité des États-Unis et de l'Union européenne à prendre des mesures fortes pour mettre fin à l'offensive de 22 jours, ils appellent la communauté internationale à faire pression sur Israël pour lever le siège de Gaza. Ils demandent aussi aux Européens et aux Américains de soutenir la mise en place d'une commission indépendante d'enquête sur les allégations de violations des droits de l'Homme. Alors qu'une résolution du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU du 12 janvier a demandé qu'une telle commission soit établie, les États de l'UE siégeant à Genève se sont abstenus lors du vote (la résolution ne mentionnait toutefois pas les attaques de roquettes du Hamas). Le mandat d'une telle commission devrait permettre d'établir les responsabilités individuelles ouvrant la voie à des poursuites. « Nous n'avons pas le droit d'oublier ou de pardonner » et il faut amener les responsables devant des tribunaux, insiste Raji Sourani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l'Homme à Gaza. Plus généralement, malgré la décision de la communauté internationale d'ostraciser le Hamas, ce dernier conserve toujours le contrôle de Gaza. En n'acceptant pas que le Hamas ait gagné librement les élections, on n'a donné aucune chance à la population, explique M. Sourani, « atterré » par les positions de l'UE. (A.B.)

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