Bruxelles, 15/01/2009 (Agence Europe) - Lors de la réunion de jeudi 15 janvier à Francfort, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de réduire de 50 points de base, soit à 2%, le taux d'intérêt appliqué aux opérations principales de refinancement de l'Eurosystème. Au total, ce taux a donc été réduit de 225 points de base depuis le 8 octobre 2008. Le principal taux est ramené ainsi à son plancher historique: il avait stationné à ce niveau entre juin 2003 et décembre 2005. En dix ans d'existence, la BCE n'est jamais descendue plus bas. Le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal est fixé à 3 % et celui de la facilité de dépôt à 1 %. Jean-Claude Trichet a sous-entendu, lors de sa conférence de presse, qu'il n'y aura pas de changement des taux en février, mais vraisemblablement lors du « rendez-vous important » de la réunion de mars du Conseil des gouverneurs de la BCE. La BCE publiera à ce moment ses nouvelles prévisions de croissance et d'inflation.
Le président de la BCE a justifié la décision d'abaisser de 50 points de base le principal taux d'intérêt directeur par « la poursuite de la diminution des tensions inflationnistes », causée en particulier par le ralentissement supplémentaire des perspectives économiques. En regardant plus loin, « nous continuons à nous attendre à des taux d'inflation dans la zone euro qui soient conformes à la stabilité des prix à moyen terme », a-t-il précisé. Le Conseil des gouverneurs va continuer à assurer un ancrage solide des anticipations d'inflation à un niveau compatible avec son objectif à moyen terme, à savoir: une inflation proche, mais inférieure à 2%. En décembre 2008, l'inflation est descendue à un taux de 1,6 % sur un an, nettement sous le plafond de 2%. Ce taux d'inflation, confirmé le même jour par Eurostat, est le plus bas depuis vingt-six mois. Le ralentissement de l'inflation est surtout imputable à la chute des prix pétroliers. Ceux-ci ont fait un plongeon de 4,7% en décembre. La BCE s'attend à une forte fluctuation de l'inflation en 2009. Mais à moyen terme, l'inflation devrait rester en phase avec la stabilité des prix. Selon M. Trichet, le taux d'inflation devrait remonter quelque peu durant la deuxième moitié de l'année.
Les nouvelles économiques dans la zone euro sont alarmantes depuis le début de l'année, avec des statistiques régulièrement plus mauvaises que prévu, faisant craindre une récession plus grave qu'envisagé. Jean-Claude Trichet a rappelé que depuis septembre 2008, les turbulences sur les marchés financiers se sont aggravées. Avec pour effet un affaiblissement supplémentaire de l'activité économique dans le monde, y compris dans la zone euro. « Je vois 2010 comme étant l'année du redressement et de la reprise » de l'économie dans le monde et en Europe, a dit aussi M. Trichet, en répondant à des questions de la presse. Par ailleurs, il a estimé qu'avec le temps, la zone euro devrait récolter les bénéfices des mesures de politique annoncées ces dernières semaines. Enfin, le Conseil des gouverneurs de la BCE a salué la réaffirmation par le Conseil européen de décembre « de son plein engagement en faveur de finances publiques durables ». À cet égard, a conclu M. Trichet, la situation économique actuelle exige une « prudence particulière » s'agissant de l'adoption de mesures extensives de relance budgétaire. (L.C.)