Bruxelles, 28/10/2008 (Agence Europe) - Les ministres européens de la Pêche sont parvenus, lundi 27 octobre, à un accord politique unanime à propos de la position que doit adopter l'UE au sein de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), dont la prochaine réunion se tiendra à Marrakech du 17 au 24 novembre (EUROPE d'hier). « Le temps presse pour sauver le stock de thon rouge de l'effondrement », a déclaré Joe Borg, le commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes. Grâce à sa position dans la perspective de la prochaine réunion de la CICTA, l'UE sera en mesure de « défendre des mesures décisives et audacieuses, en particulier pour résoudre le problème de la surcapacité des flottes et des cages à engraissement, réduire la durée des saisons de pêche, et identifier des mesures spécifiques destinées à renforcer le contrôle tout au long de la chaîne de commercialisation », a expliqué le commissaire européen. L'UE reste prête à prendre ses responsabilités et à faire ce qu'il faut pour « assurer » que la pêche au thon rouge soit « durable » et « j'espère » que tous les membres de la CICTA se joindront à nous dans cet « exceptionnel effort » lors de la réunion de novembre, a conclu Joe Borg.
Il s'agit de la « première position commune de ce type au Conseil », a commenté Michel Barnier, le ministre français de l'Agriculture et de la Pêche. L'UE va aborder cette négociation à la CICTA en tenant compte: - des avis scientifiques disponibles ; - d'un souci d'équilibre entre les capacités de production (flottes, cages) ; - d'une révision des mesures techniques, le cas échéant par un raccourcissement de la saison de pêche ou une révision des tailles minimales de débarquement ; - d'un renforcement du régime des contrôles, « avec le souci que ces contrôles soient effectués rigoureusement par tout le monde de manière équitable », a expliqué le ministre français. Il a reconnu que la question du moratoire (interdiction) sur la pêche au thon rouge avait été « évoquée » et précisé que le mandat de la Commission adopté par le Conseil « n'exclut pas ce scénario », mais « ce n'est pas la voie qui est privilégiée par les ministres, qui souhaitent aller vers une gestion beaucoup plus rigoureuse » de ce stock, avec beaucoup plus de contrôles. Il a insisté sur le fait que les contrôles renforcés auxquels les pêcheurs européens sont prêts à s'astreindre devront valoir pour « tous les pêcheurs », y compris pour ceux venus de Turquie, de Libye ou de Tunisie. « C'est un point sur lequel nous devons être extrêmement vigilants et même intransigeants », a souligné
M. Barnier. (L.C.)