Bruxelles, 11/09/2008 (Agence Europe) - Lors du Conseil nordique des ministres, à Ilulissat (ouest du Groenland), la Commission européenne, représentée par Joe Borg, a confirmé son intention de présenter « plus tard dans l'année » une communication sur la région arctique, affectée par le réchauffement climatique et qui renferme de grandes réserves potentielles en hydrocarbures et autres ressources.
Selon le commissaire à la Pêche et aux Affaires maritimes, la communication sur l'Arctique va examiner les sujets stratégiques allant du changement climatique aux questions de gouvernance. Objectif: évaluer comment l'Europe peut « contribuer au mieux » au développement durable de la région, tout en protégeant l'Arctique des changements environnementaux qui résultent de l'augmentation de l'activité humaine que ce développement implique. La région arctique revêt une importante géopolitique grandissante, aux yeux de l'UE, en raison de la fonte rapide de la glace polaire, qui ouvre de nouvelles routes maritimes internationales, facilitant l'accès à d'énormes ressources naturelles. Selon Joe Borg, qui s'attend aussi à des retombées économiques au profit des populations indigènes, la communication va proposer d'agir sur trois fronts: - sauvegarder l'Arctique (recherche scientifique, protection de l'environnement…) ; - promouvoir une utilisation durable des ressources (grandes réserves d'hydrocarbures, réglementation des activités de pêche) ; - gouvernance (revoir les traités internationaux en matière d'environnement, mise en œuvre de règles internationales en matière de navigation…).
La Présidence française du Conseil de l'UE a envoyé son ambassadeur à l'environnement, Laurent Stefanini et le Parlement européen, sa vice-présidente Diana Wallis (ADLE, britannique). Selon M. Stefanini, qui est cité dans une dépêche de l'AFP, l'UE, qui a déjà une « fenêtre » dans l'Arctique, devrait plutôt y avoir « une porte » afin d'être « de plain-pied dans l'Arctique ». Diana Wallis a plaidé pour plus de sécurité en mer, depuis la forte augmentation du nombre de paquebots de croisière. « Un nouveau Titanic est possible », a-t-elle averti.
« Nous savons tous que l'Arctique fait face à de nombreux défis. Les changements climatiques, l'exploitation des ressources naturelles et de nouvelles voies de navigation maritime sont peut-être parmi les plus cruciaux », a résumé l'Islandais Halldór Ásgrímsson, secrétaire général du Conseil nordique des ministres, cité par l'AFP. Selon le ministre danois chargé des affaires nordiques, Bertel Haarder, « il est important que l'UE s'engage en Arctique car nous ne pouvons relever seuls les défis » dans cette région. « L'Arctique n'est pas l'Antarctique. Il y a des populations qui y vivent depuis la nuit des temps. Et il est important que l'UE dialogue avec nous, nous fasse participer à sa politique arctique, sans quoi elle serait vide de sens », a estimé à l'AFP Aleqa Hammond, le ministre groenlandais des Affaires étrangères. (L.C.)