login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9736
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/gÉorgie

Vigilante, l'UE tirera les conséquences d'un non retrait russe

Bruxelles, 09/09/2008 (Agence Europe) - À Tbilissi, où il s'est rendu pour informer son homologue géorgien sur le résultat des entretiens qu'il venait d'avoir avec le président russe Dmitri Medvedev, le président français Nicolas Sarkozy s'est félicité des avancées obtenues à Moscou (EUROPE n° 9735). « Cet accord que nous avons obtenu à Moscou, c'était le mieux possible de ce qu'il était possible d'obtenir », a-t-il estimé, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président géorgien Mikhaïl Saakachvili. « Je pense ce soir qu'un pas en avant a été accompli, un pas en avant sur la voie d'une mise en œuvre intégrale des six points négociés le 12 août par le président Sarkozy », a jugé M. Saakachvili, satisfait de l'annonce d'un retrait russe de Géorgie, mais bien décidé à faire respecter l'intégrité territoriale de son pays.

Il a ainsi prévenu qu' « en aucune façon, la Géorgie n'abandonnera une parcelle de sa souveraineté, une parcelle de son territoire », en dépit de la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Sur ce point, les Européens se sont heurtés à la fermeté du président Medvedev, qui juge cette décision définitive et irréversible (la Russie a ainsi décidé d'établir, mardi 9 septembre, des relations diplomatiques avec Tskhinvali et Soukhoumi, les capitales ossète et abkhaze). Les discussions qui s'ouvriront à Genève le 15 octobre sur la question de la sécurité et de la stabilité de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie s'annoncent comme une nouvelle étape. Elles porteront notamment sur le sort des réfugiés et des personnes déplacées (au moment du conflit d'août dernier et lors du conflit en Abkhazie en 1993). Selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie devront pleinement prendre part aux pourparlers.

Selon le calendrier agréé lundi, les troupes russes se retireront des 'check points' entre Poti et Senaki d'ici une semaine (après l'engagement de la Géorgie de ne pas recourir à la force contre les deux régions séparatistes). D'ici mi-octobre, elles quitteront le reste du territoire géorgien, mais pas l'Ossétie du Sud ni l'Abkhazie. Ce départ aura lieu après l'envoi d'une mission internationale d'observateurs (dont 200 au moins seront Européens), qui doit remplacer, le 1er octobre au plus tard, le contingent de paix russe dans les zones adjacentes à l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. « Le 15 octobre, il ne doit plus y avoir un seul soldat russe qui soit sur des positions qui n'étaient pas celles où il se trouvait avant le 7 août » (même chose pour les forces géorgiennes qui devront elles aussi retrouver leurs positions antérieures au conflit), a précisé le président Sarkozy. Si cela n'était pas respecté, « l'Europe en tirera les conséquences », a-t-il ajouté. « L'Europe sera très vigilante sur la réalisation de l'accord que nous avons conclu avec le président Medvedev », a-t-il lancé, en jugeant avoir « montré la volonté politique de l'Union européenne au service de la paix ». Et d'annoncer par ailleurs qu'une conférence des donateurs en faveur de la reconstruction du pays aurait lieu à Tbilissi en octobre. (A.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
SUPPLEMENT