Bruxelles, 28/08/2008 (Agence Europe) - L'UE doit prendre la tête des efforts de paix et de reconstruction en Géorgie et répondre à la démonstration de force de la Russie par un engagement en faveur de la démocratie, la prospérité et la sécurité dans l'ensemble de la région. Telle est la principale conclusion d'une étude publiée par le European Council on Foreign Relations (ECFR), un think-tank paneuropéen travaillant sur les questions européennes de politiques extérieures. De l'analyse qu'ils font des objectifs poursuivis par la Russie dans ce conflit et des occasions manquées par l'UE de s'impliquer plus fortement sur le terrain dans le passé, les auteurs tirent plusieurs enseignements en faveur d'une action européenne dans la région. La priorité pour l'Europe est d'être plus présente.
Intitulée « L'UE peut-elle gagner la paix en Géorgie ? », l'étude préconise aux Vingt-sept de ne pas recourir à des mesures punitives contre la Russie mais de laisser à Moscou le choix, soit de coopérer dans le cadre d'une mission internationale de maintien de la paix en Géorgie, soit de s'exposer à un gel des relations. Outre la promotion d'une mission internationale de maintien de la paix, réunissant des contingents militaires de pays européens, de Russie et d'autres partenaires régionaux (Kazakhstan, Azerbaïdjan, Arménie et Ukraine), l'UE doit, en parallèle, déployer une mission civile pour traiter des questions humanitaires et de reconstruction. Mais la présence de l'UE ne doit pas s'arrêter là. Les Européens doivent aussi s'engager en faveur d'une stabilisation à long terme de la région et de la réconciliation entre la Géorgie, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie (par l'organisation d'une conférence des donateurs, ou la facilitation de visas, etc.). Un plan d'action pour l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN doit aussi rester l'objectif. Notons par ailleurs que le président allemand de la sous-commission défense du Parlement européen, Karl von Wogau (PPE-DE), plaide lui aussi pour le renforcement de la perspective d'adhésion de la Géorgie à l'OTAN. Il appelle également au déploiement d'une mission PESD de l'UE en tant que partie intégrante d'une force internationale de maintien de la paix et à une contribution efficace de l'UE à la reconstruction des infrastructures du pays.
Selon l'ECFR, l'accent doit aussi être mis sur la politique européenne de voisinage (PEV), et tout particulièrement en direction de l'Ukraine, grâce à des signes visibles de solidarité (notons qu'un Sommet UE-Ukraine aura lieu le 9 septembre à Évian, en France). Le premier engagement serait de reconnaître le droit de l'Ukraine d'adhérer à l'UE et de clarifier la perspective d'entrée du pays dans l'OTAN. Les autres mesures recommandées par l'ECFR vis-à-vis de l'Ukraine concernent notamment: la participation du ministre des Affaires étrangères ukrainien à un prochain Conseil « Relations extérieures », l'établissement d'une feuille de route en vue d'un régime de libéralisation des visas (EUROPE n° 9706) ou le soutien européen en vue des discussions sur la question du retrait de la flotte russe de Crimée en 2017. (A.B.)