Bruxelles, 29/05/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a confirmé avoir envoyé, lundi 26 mai, aux autorités polonaises une injonction de fournir des informations sur la restructuration du chantier naval de Gdansk. La Commission n'est pas convaincue que la reprise du chantier, rachetée en octobre dernier par l'opérateur ukrainien Donbass, comprend la restructuration nécessaire à empêcher une distorsion de la concurrence sur le marché de la construction des navires. « La patience de la Commission s'use sensiblement », avertit Jonathan Todd, porte-parole de la commissaire à la concurrence Neelie Kroes, en constatant que l'enquête sur les aides d'État apportées aux chantiers de Gdynia, Gdañsk et Szczecin a été lancée il y a plus de trois ans (EUROPE n° 8959), sans réponse satisfaisante sur aucun des trois dossiers.
Le problème, explique-t-on au ministère des Finances polonais, est que le gouvernement précédent a signé le contrat de vente du chantier de Gdansk « sans régler la question des aides d'État ». Donbass a donc reçu une participation au chantier de 75% contre un investissement de 400 millions de dollars, sans indication claire quant à ses obligations dans la question non résolue des aides d'État. Donbass n'a pas jusqu'ici expliqué comment elle compte restructurer le chantier pour en réduire la capacité. À défaut de restructuration, la Commission a indiqué qu'elle réclamerait le recouvrement, par le gouvernement, des aides d'État perçues depuis l'adhésion de la Pologne à l'UE en mai 2004. Varsovie a fait valoir que les aides versées au chantier de Gdansk ne représentent même pas 10 millions d'euros. Pour les trois chantiers ensemble, M. Todd estime qu'en 2005, ces aides dépassaient déjà 5 milliards de z³otys (un milliard et demi d'euros).
Concernant Gdynia et Szczecin, toujours sans acheteur, les autorités polonaises doivent, avant fin juin, notifier soit la revente et restructuration des deux chantiers, soit le remboursement des aides. « L'administration actuelle fait tout ce qu'elle peut pour respecter ce délai », affirme le fonctionnaire polonais des Finances. Après le retrait de l'offre de l'entreprise Amber, il y aurait toujours deux offres concurrentes sur la table pour chacun des deux chantiers. « La construction des navires peut être rentable, et les syndicats réclament la privatisation », ajoute-t-il, optimiste. Force est de constater qu'il ne suffit pas de trouver un acheteur ; encore faut-il, selon les termes de M. Todd, « convaincre la Commission de la mise en œuvre d'une restructuration sérieuse ». (C.D.)