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Bulletin Quotidien Europe N° 9668
Sommaire Publication complète Par article 25 / 29
INTERPENETRATION ECONOMIQUE / (eu) mondialisation

Les pays émergents révolutionnent peu à peu le capitalisme mondial, selon une étude d'Ernst & Young. - Le monde économique est entré dans une deuxième phase de la mondialisation et les pays émergents ne sont plus seulement une destination pour les investissements européens, américains ou japonais: les entreprises des grands pays émergents sont aussi en train de révolutionner le capitalisme mondial. L'étude « Mondialisation 2.0 », que vient de publier la société d'audit Ernst & Young, présente ces multinationales indiennes, chinoises, brésiliennes ou russes qui révolutionnent le capitalisme mondial et attire l'attention sur leurs performances opérationnelles et financières remarquables mais méconnues. Le cabinet d'études a analysé les performances financières et boursières de 66 entreprises européennes, américaines et japonaises, en parallèle avec 32 entreprises de 8 pays émergents [le groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) plus l'Arabie Saoudite, le Mexique, la Corée du Sud et l'Argentine]. Selon l'étude: 1) les entreprises des pays émergents représentent aujourd'hui 19% de la capitalisation boursière cumulée des 1000 premières entreprises mondiales (décembre 2007) contre 5% en 2000 ; 2) sur les 1000 plus grosses capitalisations boursières mondiales, 221 viennent des pays émergents en 2007 contre une centaine en 2000 ; 3) au 31 décembre 2007, 8 groupes issus des pays émergents figurent parmi les 20 premières capitalisations boursières mondiales ; 4) les entreprises des BRIC représentent à elles seules 53% en nombre et 68% en valeur des 221 capitalisations boursières des pays émergents figurant dans le top 1000 ; 5) sur cinq ans, le taux de croissance annuel moyen du chiffre d'affaires des groupes de l'échantillon « pays émergents » est 2,9 fois plus important que celui des groupes de l'échantillon « pays développés » ; 6) la marge opérationnelle moyenne du groupe « pays émergents » étudiés s'élève à 25% contre 14% pour le groupe « pays développés » ; 7) la marge nette moyenne du groupe « pays émergents » étudiés s'élève à 16% contre 8% pour le groupe « pays développés » ; 8) la progression des cours boursiers du groupe « pays émergents » est en moyenne 2,5 fois supérieure à celle du groupe « pays développés » (2,2 fois supérieure sur 5 ans). Le rachat d'une activité d'IBM par le Chinois Levono ou, plus récemment, l'acquisition par le groupe automobile indien Tata Motors des marques britanniques emblématiques Jaguar et Land Rover ont marqué les esprits. « Ce ne sont pourtant que les premiers signes d'une tendance qui ne cessera de s'intensifier dans les prochaines années », prédit Ernst & Young. Le cabinet de consultance n'est cependant pas alarmiste: beaucoup de groupes européens sont aussi engagés dans une dynamique de croissance forte sur l'ensemble des marchés. Ensuite, la montée en puissance et l'internationalisation croissante des « champions » émergents représentent une source d'opportunité pour les pays occidentaux capables de rendre leurs territoires suffisamment attractifs pour les investisseurs étrangers, d'où qu'ils viennent.

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