Bruxelles, 29/04/2008 (Agence Europe) - Le Conseil européen des réfugiés et exilés (ECRE) a émis, vendredi dernier, de sérieux doutes concernant les mesures de protection des droits de l'Homme incluses dans le texte de compromis sur la directive « retour » actuellement sur la table du Conseil et du Parlement (EUROPE n° 9652). L'ECRE, vaste réseau de plus de 76 associations oeuvrant dans toute l'Europe pour la défense du droit d'asile, se dit notamment « extrêmement préoccupé » de la période de détention (6 mois et jusqu'à 18 mois dans des cas exceptionnels) prévue dans le texte. « Nous considérons que la détention systématique de personnes qui n'ont commis aucun crime, à l'instar des familles et des personnes vulnérables, est inhumaine et n'a pas de justification. La détention devrait uniquement être utilisée en dernier ressort, tant que les modalités d'expulsion sont en cours et lorsque les alternatives ont prouvé leur inefficacité », a rappelé l'ECRE, dans un communiqué publié vendredi 25 avril. L'ONG estime par ailleurs que les Etats membres ne devraient pas être obligés d'imposer une interdiction d'entrée sur le territoire européen car, dit-elle, il est impossible de prédire les changements dans le pays d'origine, et ainsi de mesurer le besoin de protection internationale de l'individu. Une telle interdiction pourrait enfin constituer un obstacle à la réunification des familles qui résident dans les Etats membres de l'Union, a conclu l'ECRE. (B.C.)