Bruxelles, 23/04/2008 (Agence Europe) - La hausse ininterrompue de l'euro, qui a franchi, mardi 22 avril, le cap historique des 1,60 dollars, mécontente le président de l'Eurogroupe. « Je n'aime pas la manière dont les choses évoluent », a lancé, mercredi 23 avril, Jean-Claude Juncker. Regrettant que le récent communiqué du G7 sur les taux de change n'ait apparemment pas été bien compris par les marchés (EUROPE n° 9642), il a rappelé que « l'intention du G7 n'était pas d'aboutir aux résultats que nous avons aujourd'hui ». A Luxembourg, en marge d'une conférence, il a répété aux journalistes que le message de Washington était « très claire » et que « la volatilité excessive des taux de change n'était pas souhaitable pour la croissance économique ». Sans doute, les marchés financiers devraient-ils « accorder plus d'attention aux développements à venir et devraient-ils moins se concentrer sur les informations à court terme », a-t-il encore estimé.
Ces commentaires interviennent au lendemain de ceux sur les taux d'intérêt du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui avait laissé entendre que le prochain mouvement de la BCE risquait d'être une hausse. Cela avait contribué à propulser la monnaie unique vers des sommets face au dollar. Dans le Wall Street Journal du 23 avril, M. Noyer est revenu sur ses propos de la veille (sur-interprétés par les marchés financiers, selon lui), en insistant désormais sur le fait que les « mouvements (sur les taux) peuvent aller dans les deux sens ». Et de préciser: « Je ne m'engagerai jamais dans une discussion sur le futur des taux d'intérêt, tout simplement parce que personne ne sait. Ce serait trop dangereux de faire des prédictions dans l'une ou l'autre direction ». Si le Français tente de rectifier le tir, son collègue luxembourgeois au Conseil des gouverneurs de la BCE, Yves Mersch, avait lui aussi estimé difficile d'envisager une baisse des taux dans le contexte actuel (le taux d'inflation de la zone euro était de 3,6% en mars). « Je suis surpris que nombre d'analystes de marché envisagent encore une possibilité qui n'est en aucune manière requise dans le contexte actuel », avait-il déclaré dans un entretien au Financial Times Deutschland paru le 22 avril. L'éventualité d'une hausse des taux est quoi qu'il en soit une question « que nous devons nous poser chaque mois », avait-il précisé. (A.B.)