Strasbourg, 23/04/2008 (Agence Europe) - Réunis mercredi 23 avril à Tokyo pour le 17ème sommet bilatéral UE/Japon, dirigeants européens et nippons ont plaidé en faveur d'objectifs contraignants dans la lutte contre le réchauffement climatique, en espérant une « percée » en ce sens dès le sommet du G8, présidé cette année par le Japon, à Hokkaido en juillet prochain. « Une approche internationale très ambitieuse et contraignante est nécessaire pour répondre à l'urgence et à l'étendue du défi posé par le changement climatique », soulignent-ils dans une déclaration conjointe. Le président en exercice du Conseil européen, le Premier ministre slovène Janez Janša, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et leur hôte, le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, se disent, en effet, « déterminés à promouvoir le partenariat stratégique UE/Japon afin de faire face aux défis mondiaux ». Au premier rang de ces défis figure le réchauffement climatique, contre lequel ils plaident pour « l'instauration d'objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre à moyen terme » qui constituent, à leurs yeux, un « élément essentiel » d'un accord post-protocole de Kyoto (le protocole de Kyoto qui expire en 2012). Si M. Barroso a confirmé une « convergence de vues » entre eux, les deux partenaires n'ont néanmoins fait part, dans leur déclaration, d'aucun objectif chiffré. Si l'UE s'est engagée à réduire unilatéralement ses émissions de 20% d'ici 2020 et de 30% en cas d'accord international, le Japon s'est jusqu'à présent gardé d'avancer tout chiffre, s'alignant sur la position des Etats-Unis. En début d'année toutefois, Tokyo avait annoncé qu'il fixerait son propre objectif national de réduction. Mercredi, M. Fukuda a expliqué à ses invités la proposition nippone d'approche sectorielle de réduction des émissions, branche économique par branche économique. « Je crois que l'UE fait montre de compréhension vis-à-vis de notre approche, qui sera efficace en assurant une équité des objectifs nationaux » de réduction, a-t-il assuré. Dirigeants européens et japonais ont par ailleurs réclamé des actions d'urgence face à la crise alimentaire mondiale. Notant avec « beaucoup d'inquiétude » les tendances à la hausse des prix des matières premières, denrées alimentaires et pétrole, ils ont souligné la « nécessité urgente de traiter ce problème, notamment au vu de son impact sur les efforts des pays en développement pour vaincre la pauvreté et atteindre les objectifs de développement du Millénaire ». Dans ce contexte, déplorant l'« inquiétante baisse » de l'aide publique au développement pour la deuxième année consécutive en 2007, M. Barroso a dit espérer que la présidence japonaise du G8 « remettra les objectifs du Millénaire sous les feux de l'attention mondiale ». Enfin, dirigeants européens et nippons se sont engagés à « travailler ensemble pour renforcer la stabilité des marchés financiers ». (E.H.)