Ralentissement important du commerce mondial en 2007 - les pays émergents continuent de connaître une croissance soutenue, selon les estimations de l'OMC. Selon un rapport sur les perspectives commerciales internationales publié par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la croissance du commerce mondial risque de tomber à 4,5% en 2008, après un ralentissement à 5,5% l'an dernier et un bon rythme en 2006 (8,5%). Selon les économistes, la croissance soutenue des pays émergents ne compense que partiellement la forte décélération économique des pays développés, ce qui explique ce ralentissement. Les turbulences des marchés financiers, qui ont amené à réduire considérablement les projections de croissance pour certains grands pays développés, assombrissent les perspectives du commerce mondial pour 2008. La prévision de croissance pour ces marchés est actuellement de 1,1% alors qu'elle se situe à plus de 5% pour les pays en développement. Plus particulièrement, le ralentissement de l'économie et du commerce mondial a débuté en 2007, en raison de la diminution de la demande dans les pays développés. C'est l'Amérique du Nord qui a affiché la plus faible croissance de la production, mesurée par le produit intérieur brut (PIB). Les pays en développement et la région de la Communauté des Etats indépendants (CEI) ont pour leur part maintenu ou accéléré la croissance de leur production, contribuant ainsi pour plus de 40% à la croissance de la production mondiale en 2007. La part des pays en développement dans le commerce mondial des marchandises (exportations plus importations) a atteint un nouveau record en 2007, à 34%. En 2007, la demande intérieure a fortement diminué aux Etats-Unis, ce qui a réduit le déficit extérieur et ramené le taux de croissance annuel du PIB à son plus bas niveau, soit 2,2%, depuis 2002. Au Japon, une nouvelle augmentation de l'excédent extérieur a contribué pour plus de la moitié à la croissance du PIB (2,1%). En Europe, la croissance du PIB a été légèrement supérieure (2,8%). Stimulée par la forte hausse des recettes d'exportation et la croissance des investissements, la croissance économique de la Russie a été de 8%, soit le taux le plus élevé depuis 2000. En Amérique du Sud et Centrale, en Afrique, au Moyen-Orient et dans les pays en développement d'Asie, la croissance économique n'a, par contre, montré aucun signe d'essoufflement en 2007. Les pays en développement les plus peuplés - Chine et Inde - ont même enregistré des taux de croissance exceptionnellement élevés. Signe de croissance économique, le monde en développement attire toujours plus d'investissements directs étrangers (IDE), ce qui démontre la confiance des investisseurs internationaux. Associés à la CEI, les pays en développement ont ainsi représenté, en 2007, 34% des échanges mondiaux de marchandises, ce qui a compensé les effets défavorables des turbulences sur les marchés financiers, notamment ceux de la crise du marché des crédits à risque aux Etats-Unis au second semestre 2007. Globalement, selon les estimations provisoires de la CNUCED, les apports mondiaux d'IDE ont progressé de 18% en 2007 pour s'établir à 1 540 milliards de dollars. Les flux d'IDE en direction de l'Amérique latine (Brésil, Chili et Mexique notamment) et de la Russie ont été particulièrement importants (respectivement 50% et 70%). Les flux à destination des pays en développement d'Asie et vers les nouveaux Etats membres de l'UE ont progressé pour leur part moins rapidement que par le passé. En matière de taux de change et d'inflation, les taux de change des principales nations commerçantes en 2007 n'ont pas toujours entraîné une évolution des taux favorable à la réduction des déséquilibres mondiaux, note encore le rapport. Pour 2008, les perspectives sont mauvaises car les événements récents assombrissent les perspectives à court terme de l'économie mondiale. L'OMC s'attend à une récession aux Etats-Unis, à une croissance plus faible de la demande en Europe et au Japon, à une montée de l'inflation et à un marasme boursier au niveau mondial. Des perspectives plus positives viennent des pays en développement et de la CEI où l'on prévoit une forte croissance de la production et du commerce. Les économistes s'interrogent cependant sur la durée de ce rythme de croissance élevé, face à la faiblesse de la demande sur les principaux marchés développés et à la montée des tensions inflationnistes. (I.L.)