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Bulletin Quotidien Europe N° 9639
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/social

Le groupe PSE du Comité des Régions demande la construction « d'une Europe enfin sociale »

Bruxelles, 09/04/2008 (Agence Europe) - Dans le cadre de la consultation pour l'élaboration d'un manifeste du PSE en vue des élections européennes 2009, le groupe PSE du Comité des Régions (CdR) a organisé un séminaire, mardi 9 avril à Bruxelles, sous la présidence de Mercedes Bresso, présidente de la Région du Piémont. Ce séminaire a permis aux représentants socialistes du PE et du CdR ainsi que de la Commission européenne, des syndicats européens et des ONG sociales européennes d'exprimer leur point de vue pour que soit mise en place une authentique Europe sociale.

Le manifeste qui a été élaboré par le PSE porte sur quatre thèmes: (1) la nouvelle Europe sociale, (2) sauver notre planète, (3) diversité européenne et démocratie, (4) l'Europe dans le monde. Les coordinateurs du groupe PSE désignés sont, respectivement, (1) Michel Delebarre, premier vice-président du CdR et maire de Dunkerque (France), (2) Claudio Martini, président de la Région Toscane (Italie) et de la Conférence des Régions périphériques maritimes (CRPM), (3) Karl-Heinz Klär, premier vice-président du Groupe PSE du CdR, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes et fédérales pour la Région Rhénanie-Palatinat (Allemagne), (4) Anna Terron i Cusi, secrétaire aux Affaires européennes de la présidence de la Région Catalogne (Espagne).

Concluant les travaux, Michel Delebarre a indiqué que le texte élaboré par le PSE était « le point de départ de ce que pourraient être les nouvelles orientations pour une nouvelle Europe sociale ». Il a précisé que ceux qui souhaitaient apporter des modifications ou des adaptations au texte avaient jusqu'à la fin du mois d'avril pour le faire. Le maire de Dunkerque a indiqué qu'il essaiera de faire passer au parti socialiste la remarque suivante: « Je ne crois pas qu'il soit très intéressant d'aller au combat pour les futures élections européennes, si on est membre du PSE, sur l'idée d'une nouvelle Europe sociale parce que, dans l'opinion publique, l'Europe et le social ne seront pas tout à fait adaptés ». Pour Michel Delebarre, « la conviction de ceux et celles qui nous suivent et nous écoutent est que l'Europe que l'on construit depuis des années n'est pas une Europe sociale, que cette Europe ne défend ni le monde du travail ni les valeurs du monde du travail ni la manière dont on souhaite vivre ensemble dans le contexte européen ». M. Delebarre pose donc la question de savoir ce que signifie « une nouvelle Europe sociale ». Est-ce une Europe « qui permet de sortir avec une sorte de lifting, avec une sorte d'adaptation à la marge de ce qui se fait pour essayer de répondre aux aspirations de celles et ceux qui ont le plus de besoins et de difficultés? Non, je crois qu'il faut délibérément vouloir construire une Europe sociale », a poursuivi Michel Delebarre, en ajoutant que « c'est un pari tout à fait différent et c'est un pari beaucoup plus exigeant que de simplement travailler sur la notion de nouvelle Europe sociale. J'essaierai de témoigner qu'il faut être beaucoup plus radicaux dans cette démarche (...) Nous serons tous confrontés au libéralisme dominant. Et le seul aspect qui peut nous donner une identité de socialiste, une identité de gauche, c'est cette Europe sociale que nous voulons construire ! ». Michel Delebarre a également insisté, dans le combat à mener pour les élections de 2009, sur la « territorialisation de notre approche » et sur le fait que les citoyens « ne vivent pas dans une Europe conceptuelle ». A propos de la formation tout au long de la vie, le premier vice-président du CdR s'est déclaré fervent partisan d'une « validation des acquis professionnels ». Et de conclure sur la contrainte qui pèse sur les socialistes de rendre à la mi-mai un « élément de document qui pourra s'insérer dans la réflexion globale du PSE sur la base de l'idée d'une véritable Europe sociale, pas d'une nouvelle Europe sociale, mais d'une Europe enfin sociale que seuls les socialistes peuvent rendre motrice dans le contexte européen actuel ».

Le commissaire aux Affaires sociales, Vladimir Spidla, a dit son ambition de donner un nouveau visage social à l'Union. Il a mis en exergue la « forte responsabilité » du CdR et de ses membres « dans le développement, l'adaptation et la dynamisation de notre Europe sociale ». Son prédécesseur, Anna Diamantopoulou, a quelque peu égratigné la stratégie de Lisbonne « qui n'a pas apporté les résultats attendus ». Pourquoi ? Parce que la stratégie de Lisbonne « donnait des objectifs mais ne proposait pas de procédures contraignantes aux Etats membres (…) Aucun article dans le traité ne prévoit comment cette stratégie pouvait s'appliquer. Elle reste donc une liste de souhaits ». Pour Anna Diamantopoulou, ce qui est donc « important, à l'avenir, c'est de voir comment les choses ont progressé dans chaque Etat membre (sans dresser un tableau comparatif entre eux) depuis la mise en place de la stratégie de Lisbonne ». L'ancienne commissaire a également attiré l'attention sur le changement que connaît actuellement le dialogue social. Ce changement est dû au fait que les grandes entreprises ont changé leur façon de travailler à cause des évolutions technologiques. Elle a en outre plaidé pour que « l'UE présente un cadre réglementaire pour des investissements efficaces sur le long terme » et rappelé que le PSE a déjà fait de bonnes propositions mais qui n'ont pas été acceptées. « Le Conseil européen s'est uniquement mis d'accord sur un code de conduire volontaire, qui est une approche libérale », a regretté la socialiste grecque, qui a conclu: « Si on veut avoir un véritable pouvoir, il faut s'éloigner de l'approche conservatrice que l'on trouve à tous les niveaux, européen, régional et local ». (G.B.)

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