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Bulletin Quotidien Europe N° 9636
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

L'évolution économique et l'inflation inquiètent

Brdo, 04/04/2008 (Agence Europe) - La situation économique de la zone euro n'est pas au beau fixe mais l'Eurogroupe ne verse pas dans le pessimisme. Pas de récession en vue, a insisté vendredi 4 avril Jean-Claude Juncker, dont le message était assorti d'un plaidoyer ferme en faveur de la lutte contre l'inflation et de la modération salariale. « Les vents contraires pour la croissance que nous avions vu se lever à l'horizon se sont matérialisés depuis », a expliqué le président de l'Eurogroupe après la réunion informelle des ministres des Finances des Quinze à Brdo, en Slovénie. « Les prix du pétrole, le ralentissement conjoncturel aux Etats-Unis et d'autres phénomènes nous préoccupent aujourd'hui en termes de croissance », a-t-il insisté devant la presse.

Mais la résistance de l'économie européenne est « tout à fait remarquable » et il n'y aura « pas de retournement conjoncturel en Europe », où il n'y a « aucun danger de récession », a pris soin d'ajouter M. Juncker, alors que le Fonds monétaire international (FMI) s'apprête à revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro. Le FMI, qui publiera ses nouveaux chiffres le 9 avril, table sur une hausse de la croissance de l'économie mondiale de 3,7% en 2008 (contre 4,1% en janvier et 4,8% en octobre dernier). Selon la presse, il devrait ainsi ramener ses attentes de 1,5% à 0,5% pour les Etats-Unis et de 1,8% à 1,3% pour la zone euro. Une analyse « pas entièrement exacte », selon M. Juncker, un avis partagé par Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires. « Les risques pour la croissance ont augmenté », mais le scénario « devrait être meilleur » que celui prévu par le FMI, a souligné M. Almunia, qui présentera fin avril ses nouvelles prévisions économiques de printemps. « Plus les tensions se maintiennent, plus grand est le risque que les turbulences financières se propagent à l'économie réelle », a souligné M. Almunia. Se disant « préoccupé mais pas pessimiste », il a ensuite reconnu que la prévision d'inflation de la Commission pour la zone euro serait « probablement révisée à la hausse » (elle est actuellement de 2,6% en 2008).

Egalement « très préoccupé par le niveau de l'inflation », qui a atteint 3,5% en mars, le président de l'Eurogroupe a quant à lui fermement soutenu le message habituel de la Banque centrale européenne (BCE), en rappelant aux Etats membres leurs responsabilités en matière de stabilisation des prix. Il faut notamment que les gouvernements soient plus sourcilleux lorsqu'il est question d'augmenter les prix administrés (les prix contrôlés par les entreprises), qu'ils fassent preuve de retenue en cas de modification de la fiscalité indirecte. Et d'exhorter aussi à la modération salariale.

L'Allemagne, qui vient pourtant de conclure un accord prévoyant d'importantes hausses des salaires du secteur public, n'est pas spécialement visée par cette mise en garde. Tous les autres pays le sont en revanche. « Il ne faut pas confondre la situation du secteur public allemand et celle des autres pays de la zone euro », explique M. Juncker, qui voit en Allemagne « une certaine nécessité » à de tels relèvements après des années de véritable régression salariale. Et d'ajouter: « Nous ne pensons pas que d'autres pays devraient s'en inspirer car leur situation est incomparable ». La consigne de modération vaut pour tous sans exception, assure de son côté Jean-Claude Trichet. Les pays et les négociateurs qui voudraient imiter ce qui a été fait en Allemagne « se tromperaient complètement, car aucun pays n'est dans la situation de l'Allemagne, où l'augmentation dans la fonction publique était de 0% l'année dernière et de 0% l'année d'avant », a renchéri le président de la BCE.

Et les hausses des salaires revendiquées par la Confédération européenne des syndicats (CES), qui organise une manifestation en ce sens dans les rues de Ljubljana ce samedi 5 avril ? « Lorsque la croissance revient, ses bénéfices ne devraient pas être réservés (…) au grand capital, mais devraient être équitablement répartis », observe M. Juncker, pour qui « l'inflation est un problème qui devrait aussi concerner et dans leurs préoccupations et dans leurs actions, les syndicats y compris européens ». Et de marteler: « L'inflation est l'ennemi de ceux qui n'ont pas de pouvoir d'achat ». En se montrant acharnés dans la lutte contre l'inflation, la BCE et l'Eurogroupe contribuent à « une lutte sociale au même degré que la lutte sociale que peuvent mener d'autres ». Nous ne disons pas que les négociations salariales doivent se conclure par des accords proches de zéro, mais l'évolution des salaires doit être en ligne avec les gains de productivité, a encore rappelé M. Juncker. (A.B.)

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