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Bulletin Quotidien Europe N° 9635
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/birmanie

Des parlementaires demandent des sanctions mieux ciblées contre les généraux birmans

Bruxelles, 03/04/2008 (Agence Europe) - Lors d'une audition conjointe de la commission du développement et de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen, qui s'est tenue mercredi 2 avril à Bruxelles, des parlementaires ont réclamé notamment des sanctions mieux ciblées de l'UE contre le régime des généraux birmans, selon un communiqué.

Thijs Berman (PSE, néerlandais), modérateur de l'audition, note que depuis la « révolution safran » de l'automne 2007, « on ne parle plus de la Birmanie alors que la situation reste dramatique, que les droits de l'homme y sont toujours bafoués et que 1800 prisonniers politiques y seraient détenus. Comment la communauté internationale et l'UE peuvent-elles exercer davantage d'influence, et à l'aide de quels instruments ? », s'est interrogé le député.

Malgré les sanctions imposées à la Birmanie et à certains de ses dirigeants (gel des avoirs bancaires), l'UE a prévu une aide de 32 millions d'euros (entre 2007 et 2010 par le biais de l'Instrument de la coopération au développement) pour l'éducation et la santé dans le pays. Pour Frijthof Schmidt (Verts/ALE, allemand), il faudrait étendre les sanctions - qui ont par ailleurs une efficacité limitée - au secteur bancaire pour les dirigeants birmans qui effectuent leurs transactions financières à Singapour, un pays qui ne soutient pas les sanctions envers la Birmanie. Glenys Kinnock (PSE, britannique) a estimé qu'il faut offrir « une alternative positive aux sanctions » et « arrêter de déverser de l'argent dans ce pays sans contrepartie ». Jose Ribeiro e Castro (PPE-DE, portugais) a suggéré d'arriver à un mélange entre « actions fortes » et « actions douces ». L'idée d'un embargo international sur les armes, en provenance de Chine principalement, et de l'interdiction pour la Birmanie d'exporter des pierres précieuses a été lancée par Thijs Berman.

Les députés ont estimé qu'il fallait soulever la question de la Birmanie lors des négociations d'un accord de libre-échange ainsi que d'un accord de partenariat et de coopération avec les membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE). La Chine et l'Inde devraient également faire pression sur le régime de Naypyidaw (la nouvelle capitale du pays depuis novembre 2005).

La commission du commerce international du PE devrait adopter, le 8 avril, le rapport de Glyn Ford (PSE, britannique) sur les « relations commerciales et économiques avec l'ANASE ». Les membres de cette commission devraient se déclarer favorable à la signature d'un accord de libre-échange, à condition que cet accord remplisse certaines conditions en matière de développement durable, de lutte contre la contrefaçon et de respect des droits de l'homme. La situation actuelle en Birmanie ne permet néanmoins pas d'inclure ce pays dans l'accord, selon le rapport.

Libérer Aung San Suu Kyi. Jose Riberio e Castro a déclaré qu'« il faut poser nos conditions pour ce référendum en demandant notamment la libération des prisonniers politiques et d'Aung San Suu Kyi », leader de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d'opposition, et lauréate du prix Sakharov en 1990. « Souhaite-t-on envoyer des observateurs internationaux pour ce référendum? », s'est interrogé Frijthof Schmidt, qui considère dangereux pour l'UE de cautionner une élection qui pourrait respecter les standards internationaux mais qui, en réalité, empêcherait l'opposition de se présenter, comme en Iran. (L.C.)

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