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Bulletin Quotidien Europe N° 9631
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/soudan

La mission EUFOR Tchad/RCA au cœur des discussions des députés

Bruxelles, 28/03/2008 (Agence Europe) - Devant les rares députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen présents, Torben Brylle, représentant spécial de l'UE pour le Soudan, a fait le point, jeudi 27 mars, sur la situation dans le pays. La discussion a largement porté sur la mission de l'UE au Tchad et en République centrafricaine (EUFOR Tchad/RCA), qui est chargée de sécuriser les camps de réfugiés soudanais et de déplacés tchadiens. Le déploiement de la mission progresse, a indiqué d'emblée M. Brylle, qui espère que les troupes seront opérationnelles au début de la saison des pluies (mai environ). Sur le plan politique, la situation au Soudan n'a pas évolué comme nous le souhaitions, a-t-il expliqué, en observant que la situation humanitaire ne s'était pas améliorée. « Il n'y a pas de solution militaire, la seule solution durable est politique », a jugé M. Brylle, qui insiste pour que le conflit entre le nord et le sud du Soudan ne soit pas négligé.

Pour Tobias Pflüger (GUE-NGL, allemand), les conditions actuelles ne permettent tout simplement pas de poursuivre la mission EUFOR Tchad/RCA, car avec un effectif très largement dominé par le contingent français, il est difficile de croire en la neutralité de l'EUFOR. La seule perte humaine au sein de l'EUFOR a été déplorée en territoire soudanais, mais que faisait le soldat français dans une zone qui ne fait pas partie du territoire normalement couvert par la mission, s'est interrogé M. Pflüger. Il estime qu'il serait « irresponsable » de continuer à mener des opérations et qu'il appartient au Conseil de tirer un trait sur cette mission. Une position que ne partage bien évidemment pas M. Brylle, pour qui il y a une assez bonne compréhension parmi la population tchadienne du rôle spécifique de l'EUFOR, de sa neutralité et de son impartialité. Une évaluation à mi-parcours de la mission de l'EUFOR sera effectuée au milieu de l'automne et des recommandations pour la suite de la mission seront alors formulées, a ajouté M. Brylle.

Face au retard pris dans le déploiement d'une autre mission, celle de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD), Ana Maria Gomes (PSE, portugaise) a pour sa part fustigé les manœuvres du Soudan et de quelques autres pour ralentir l'arrivée des troupes. Elle a aussi regretté la tentative avortée d'adopter un texte équilibré sur le Tchad et le Soudan lors de la réunion de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE de Ljubljana en raison de l'intervention du Soudan et de l'Ethiopie. Preuve s'il en est que l'Etat soudanais n'est pas en faillite, mais qu'il est en fait « une machine bien rodée ». Le Soudan pose de sérieux problèmes pour la sécurité dans la région, a reconnu M. Brylle, qui s'inquiète aussi de l'évolution des relations entre le nord et le sud Soudan. La mise en œuvre de l'accord de paix nord-sud (comprehensive peace agreement) signé en 2005 est à cet égard essentielle. Michael Gahler (PPE-DE, allemand) a pour sa part émis des réserves sur la volonté du gouvernement soudanais d'organiser en 2009 un scrutin qui mérite le nom d'élections. L'organisation des élections est un processus de longue haleine, a souligné M. Brylle, qui ne saurait dire si l'échéance prévue sera respectée. (A.B.)

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