Brdo, 28/03/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des vingt-sept Etats membres de l'Union européenne doivent évoquer la situation au Tibet ce samedi 29 mars à Brdo, en Slovénie. Evitant soigneusement d'entrer dans une logique de sanctions contre la Chine, les ministres devraient lancer un nouvel appel à la modération et au dialogue sur les droits culturels que revendiquent les Tibétains. Cet appel devrait prendre la forme d'une déclaration de la Présidence slovène.
Le boycott des Jeux olympiques n'est « pas une option », a déclaré Janez Jansa à la veille de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères. Dans un entretien accordé à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Premier ministre slovène et actuel président du Conseil européen considère aussi que les dirigeants des Etats membres de l'UE sont libres de manifester leur désapprobation de la gestion de la question tibétaine par les autorités chinoises. Il estime cependant qu'il faut se méfier des épiphénomènes médiatiques qui attireraient l'attention sur le Tibet lors de l'ouverture des Jeux pour mieux l'oublier ensuite. Un constat partagé par l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, qui plaidait, vendredi matin, pour un dialogue multilatéral avec les autorités chinoises sur ce sujet. Les Chinois doivent comprendre qu'un dialogue est nécessaire avec le Dalaï Lama qui ne représente pas une menace pour la Chine et qui est lui-même dépassé par la base, a expliqué l'ancien ministre sur France 2.
« Le ministre du Sport n'a pas prévu d'y participer, et moi et la chancelière non plus, je crois », a déclaré Frank-Walter Steinmeier à son arrivée à Brdo. Le ministre allemand des Affaires étrangères a laissé entendre que cela n'avait rien à voir avec la répression chinoise au Tibet, en ajoutant qu'il n'y avait donc « aucune raison d'annuler quelque chose ». Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, s'est dit opposé à un boycott de la cérémonie d'ouverture.
En revanche, le Premier ministre polonais Donald Tusk, le président tchèque Vaclav Klaus et le président estonien Toomas Hendrik Ilves ont déjà annoncé qu'ils n'iraient pas à cette cérémonie qui doit avoir lieu le 8 août prochain. Le président français Nicolas Sarkozy, qui assumera la présidence tournante de l'Union européenne au second semestre, avait envisagé dès le 25 mars la possibilité de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture, avant de reconnaître qu'il devait consulter « les autres sur leurs positions pour savoir si j'irai à la cérémonie d'ouverture ou pas ». (O.J.)