Bruxelles, 28/03/2008 (Agence Europe) - Une inquiétude croissante existe au sein de l'UE quant aux produits chimiques utilisés dans la production de la drogue récréative GHB. Cette déclaration figure dans un nouveau rapport intitulé GHB and its precursor GBL: an emerging trend case study, publié le 17 mars par l'agence sur les drogues de l'UE (OEDT). Le GHB (ou gamma-hydroxybutyrate), souvent appelé «ecstasy liquide», est apparu sur la scène récréative nocturne dans certaines parties d'Europe dans les années 90. Elle a été mise sous contrôle international par les Nations unies en mars 2001, mais pas ses précurseurs, le GBL et le 1,4-BD (1,4 - butanediol), qui, une fois ingurgités, se transforment en GHB dans le corps. « Une drogue qui est à la mode aujourd'hui peut être démodée demain. Quand une substance est réprimée, une autre prendra rapidement sa place », a indiqué le directeur de l'OEDT, Wolfgang Götz, dans un communiqué. Il existe un vide juridique entourant le GBL rendant impossible son contrôle. Il est en effet massivement utilisé dans la chimie, comme solvant ou fixateur de couleur. Le rapport relève que certains Etats membres (Italie, Lettonie, Suède) ont choisi de contrôler soit un, soit les deux précurseurs. L'UE et les Etats membres ont également pris des mesures volontaires complémentaires afin d'éviter leur détournement. Le rapport identifie 15 fournisseurs en ligne de produits chimiques établis en Allemagne, aux Pays-Bas, en Pologne et au Royaume-Uni, qui vendent le GBL. Tous ces fournisseurs - exception faite de trois d'entre eux - avertissent leurs clients des risques potentiels pour la santé. L'étude de cas de l'OEDT indique que, de manière générale, la consommation de GHB/GBL est faible dans l'UE. Toutefois, cette consommation aurait des incidences graves en matière de coût de santé. Une étude réalisée dans un hôpital d'Ibiza (2005) a démontré que 8 % des urgences liées à la consommation de substances illicites étaient dues au GHB/GBL. Et à Amsterdam (2005), les admissions non fatales liées à la consommation du GHB/GBL seraient plus élevées que les urgences liées à une consommation de champignons hallucinogènes, d'ecstasy, d'amphétamine et de LSD. Un hôpital londonien a, en outre, rapporté 158 admissions liées au GHB/GBL en 2006. Les Etats membres de l'UE rendent rarement compte des morts liées au GHB/GBL. Selon l'étude de cas menée, il n'existe aucun système fiable et comparable pour enregistrer le nombre de décès et d'urgences non fatales liés à la consommation du GHB et de ses précurseurs. (B.C.)