Les opérateurs des pays émergents s'internationalisent - China Mobile est devenue depuis plusieurs semaines la première capitalisation mondiale des entreprises de technologie. Valorisé plus de 300 milliards de dollars, le géant chinois pèse désormais plus que Microsoft. La croissance exceptionnelle du groupe est à l'origine de ce mouvement boursier. Rien qu'au mois de janvier, il a recruté 7 millions de clients. Au total, le groupe chinois affiche près de 380 millions de clients. Telle est l'une des conclusions du cabinet de conseil Olivier Wyman dans son étude consacrée aux sociétés de technologie au sens large (télécoms, semi-conducteurs, médias …). Sur les 450 groupes étudiés et classés selon leurs performances boursières depuis 2003, pondérées par le risque, c'est l'opérateur mobile indien Bharti qui arrive en tête. Selon le cabinet, les entreprises ayant leur base dans les marchés émergents et qui se focalisent sur les communications mobiles, tels l'Egyptien Orascom ou le Russe Mobile Telesystems, représentent désormais près de 60% de la valeur boursière du marché global des télécommunications mobiles, souligne l'étude. Une situation qui n'a rien d'étonnant si l'on considère que, d'ici à 2010, 275 millions de Chinois et 240 millions d'Indiens devraient passer au mobile. Certains opérateurs essentiellement présents à la fin des années 1990 dans les pays développés et qui ont investi dans les pays émergents depuis tirent leur épingle du jeu, tels l'Espagnol Telefónica ou encore le Britannique Vodafone. Ce dernier qui a racheté l'Indien Essar l'an dernier a vu son chiffre d'affaires en Inde croître de 56% sur les trois derniers mois de 2007 tandis que ses ventes en Allemagne chutaient de 5%. Chez le Norvégien Telenor, les pays émergents ont représenté 61% du chiffre d'affaires dans le mobile. De leur côté, les entreprises des pays émergents poussent leurs pions dans les pays développés à l'instar de l'Indien Tata Communications. Celui-ci réalise déjà les deux tiers de son chiffre d'affaires à l'étranger et a prévu d'investir 2 milliards d'euros au cours des trois prochaines années.