Bruxelles, 03/03/2008 (Agence Europe) - Le Commissaire Olli Rehn (élargissement) a lancé un appel aux autorités turques afin qu'elles utilisent l'actuelle réforme de la Constitution en Turquie pour renforcer l'Etat de droit et les libertés fondamentales de tous les citoyens - y compris des Kurdes - et créer ainsi les conditions politiques pour la poursuite du processus d'adhésion du pays à l'UE. « Les libertés fondamentales doivent être au cœur de la réforme constitutionnelle », a déclaré M. Rehn lundi 3 mars devant une conférence organisée à Bruxelles par les députés européens Joost Lagendijk (Verts/ALE), Hannes Swoboda (PSE) et Andrew Duff (ALDE) sur la « question kurde » dans le contexte de la réforme de la constitution turque. La Commission n'a pas encore vu le projet de constitution ; à ce stade, il est donc « impossible » d'évaluer les travaux en cours, a indiqué M. Rehn qui souhaite un « débat inclusif » pour que la future constitution ait le soutien d'une « large base de la société civile ». Après un ralentissement des réformes politiques en 2006 et 2007, la Commission estime que toutes les conditions sont désormais réunies pour faire de l'année 2008 une « année de réformes » en Turquie. L'adoption, en février, de la nouvelle loi sur les fondations - très importante pour assurer une meilleure protection des communautés non-musulmanes en Turquie - était un bon début mais devra être suivie d'autres réformes telles que la suppression/amendement de l'article 301 du code pénal, a dit M. Rehn. Dans ses réformes, la Turquie doit suivre les priorités mentionnées dans le nouveau « Partenariat pour l'adhésion » (EUROPE n° 9593) qui prescrit aussi des mesures pour améliorer les droits culturels et socio-économiques des Kurdes. Certes, leur situation en Turquie s'est améliorée au cours des dernières années mais beaucoup reste à faire, a affirmé M. Rehn qui s'est dit « encouragé » par les projets du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui annonce, entre autres, une chaîne publique de télévision en langue kurde.
Des hauts représentants kurdes, y compris le chef du parti kurde de Turquie (DTP), Ahmet Türk, ont participé à cette conférence mais aucun représentant officiel du gouvernement turc ne s'est déplacé. (H.B.)